Épidémie d’Ebola Bundibugyo : Africa CDC déclare cette épidémie comme une urgence de santé publique de sécurité continentale

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Jean Kaseya, Directeur du CDC Afrique [photo d'illustration]
Jean Kaseya, Directeur du CDC Afrique [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, (Africa CDC), a officiellement déclaré l’épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda comme une urgence de santé publique de sécurité continentale. Cette décision a été prise sur recommandation du Groupe consultatif d’urgence de l’institution, face à l’évolution inquiétante de la situation sanitaire dans la région.

Selon les précisions fournies par Jean Kaseya, Directeur du CDC Afrique, cette situation s’inscrit dans le cadre de l’article 3, paragraphe F, de ses statuts. Ce dispositif permet à l’organisation continentale de coordonner et de diriger les interventions lors des urgences sanitaires majeures en Afrique. L’institution rappelle également que son mandat consiste à soutenir les États membres dans leurs réponses aux crises sanitaires, tout en renforçant les systèmes de santé, la prévention des maladies et les mécanismes de promotion de la santé publique.

Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires illustrent l’ampleur de la menace. À ce jour, près de 395 cas suspects et 106 décès associés ont été enregistrés en RDC, principalement dans les zones sanitaires de Mongwalu, Rwampara et Bunia.

En Ouganda, la capitale Kampala a déjà signalé deux cas confirmés ainsi qu’un décès. Ces données alimentent les inquiétudes des structures sanitaires africaines quant à une possible propagation rapide de la maladie dans plusieurs pays de la région. Le CDC Afrique se dit particulièrement préoccupé par les risques élevés de transmission régionale liés aux importants mouvements de populations transfrontaliers.

L’organisation évoque notamment la mobilité associée aux activités minières, l’insécurité persistante dans certaines zones affectées, la faiblesse des dispositifs de prévention et de contrôle des infections, mais aussi les décès communautaires enregistrés en dehors des structures de santé officielles. La proximité des foyers de contamination avec le Rwanda et le Soudan du Sud accroît davantage le niveau d’alerte.

Le directeur général du CDC Afrique, Jean Kaseya, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation continentale rapide et coordonnée. Il a affirmé que cette déclaration vise à renforcer la volonté collective des institutions africaines afin d’agir rapidement face à cette crise sanitaire. Selon lui, la confirmation de cas d’Ebola Bundibugyo dans des pays fortement interconnectés démontre une nouvelle fois que la sécurité sanitaire du continent africain reste indivisible et nécessite des réponses communes basées sur les données scientifiques.

Il a également expliqué que cette mesure permettra d’améliorer la coordination régionale, de faciliter la mobilisation des ressources financières et techniques, de consolider les capacités de surveillance et de laboratoire, mais aussi d’appuyer le déploiement des équipes d’urgence dans les pays voisins considérés comme exposés à un risque élevé de transmission. Il a en outre appelé les États membres, l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF ainsi que les partenaires internationaux à unir leurs efforts pour empêcher une nouvelle propagation du virus.

Dans le cadre de cette riposte, le CDC Afrique et Organisation mondiale de la Santé travaillent conjointement à l’activation d’une équipe de soutien à la gestion des incidents. Cette approche s’inspire du modèle utilisé lors des réponses aux épidémies de mpox et de choléra, basé sur le principe des « 4 Un » : une équipe, un plan, un budget et un cadre de suivi.

L’institution africaine indique avoir déjà déployé plusieurs experts multidisciplinaires spécialisés en épidémiologie, prévention et contrôle des infections, communication des risques, logistique et coordination des urgences, tout en mobilisant en interne deux millions de dollars américains pour soutenir la réponse continentale.

Par ailleurs, les inquiétudes persistent concernant la disponibilité limitée des vaccins et des traitements validés contre Ebola Bundibugyo. Le CDC Afrique affirme collaborer avec plusieurs partenaires afin d’évaluer les contre-mesures médicales disponibles et d’accélérer les recherches opérationnelles. Le professeur Karim a souligné que les données épidémiologiques, l’insécurité et les déplacements transfrontaliers rendent indispensable une action urgente à l’échelle continentale.

Mardi 19 mai 2026 - 06:32