RDC: le trio Yalaghuli-Ngoopos-Bakonga au cœur d'un scandale, Kabund fait des révélations qui les éclaboussent

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Jean-Marck Kabund, 1er vice-président de l'Assemblée nationale
Jean-Marck Kabund, 1er vice-président de l'Assemblée nationale

La révélation de Jean-Marc Kabund éclabousse trois kabilistes, membres du gouvernement Ilunkamba, qui ont été à l'origine d'un contrat de construction d'écoles "signé de gré à gré entre la RDC et une entreprise privée". Il s'agit, selon Kabund, de Willy Ngoopos, Sele Yalaghuli et Willy Bakonga, respectivement anciens ministres des Infrastructures et travaux publics, des Finances et de l'Enseignement primaire, secondaire et technique.

Ce contrat, conclu à hauteur de 125 millions de dollars américains, a été signé le 31 mars 2020 pour une durée de 24 mois. Aux termes de l'article 1er du contrat, l'entreprise devait "pré-financer les travaux à hauteur de 40% d'exécution et le gouvernement devait payer progressivement".

"A ce jour, le gouvernement a déjà décaissé 12.600.000 dollars américains mais l'entrepreneur n'a terminé que 6 écoles", a fait savoir Kabund, soulignant qu'il n'y a aucune trace du préfinancement de l'entreprise. C'est cela le "problème", soutient Kabund, qui a effectué, ce vendredi 8 octobre 2021, une visite d'inspection sur les différents sites de construction d'écoles.

Le 1er vice-président de l'Assemblée nationale y décèle déjà une réelle volonté de "détournement parce que l'entrepreneur a reçu de l'argent équivalent à près de 30 écoles mais n'en a construit que 6". Il ne s'explique pas comment, à ce jour, le taux de financement est plus élevé que celui d'exécution, alors que dans un contrat public, l'entrepreneur préfinance et l'Etat paye par la suite.

Scrutant le rapport prix-qualité, le président ai de l'UDPS n'a pas caché sa vive déception de constater que "pour 6 salles de classe, le coût est de 420.000 dollars" alors que selon ses calculs, "6 salles de classe avec quelques blocs de WC ne peuvent pas dépasser 150.000 dollars".

Les calculs de Kabund, selon d'aucuns, inspirent confiance tant il n'y a pas une semaine, il a inauguré une école construite sur fonds propre. Mieux, l'école de Kabund a des salles de classe d'une superficie de 64m2 contre 45m2 pour celles du projet incriminé.

S'il faut s'en tenir aux calculs du "Maître-nageur", la RDC va "perdre, dans ce projet, plus de 80 millions de dollars". Ce qui est "inacceptable et même incompréhensible" pour Kabund qui a fustigé le fait que le Bureau technique de contrôle (BTC) a été snobé.

"J'ai demandé au BTC qui, en principe, doit donner son quitus avant qu'un contrat de construction ne soit signé par l'Etat congolais, et il m'a dit qu'il n'a jamais été intéressé. Il a été surpris comme tout le monde. Comment le gouvernement, outil politique de la République, a pu signer ce contrat sans l'avis du BTC, qui est l'outil technique. Ça ne se conçoit pas", a-t-il dénoncé. Et d'enchaîner: "Nous sommes quel pays où pour chaque projet mené, ce sont des millions de dollars qui sont perdus. Quel degré d'irresponsabilité! Ceux-là même qui doivent engager la République sont toujours prêts à voler des millions au détriment du peuple congolais".

Aux yeux de Kabund, cette affaire est tellement grave qu'il en appelle à la justice de s'en saisir pour établir les responsabilités, sanctionner les coupables et rétablir la République dans ses droits.

L'affaire est tellement grave qu'il apparaît, pour Kabund, comme un énième exemple expressif du "blocage de l'action du Chef de l'Etat Félix Tshisekedi par le FCC".

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