Par la Rédaction
Rarement, sinon jamais, dans l’histoire du Congo indépendant, un titulaire du ministère de l’Aménagement du territoire a eu une vision aussi perçante que précise de ce portefeuille, qui se révèle aujourd’hui être un maillon important pour l’essor économique de la RDC.
Guy Loando Mboyo a bien compris cela et l’explique à la faveur d’un entretien avec www.financialafrik.com, publié le 3 avril 2022. Ses explications sont clairement énoncées, à l’aide des mots aisément trouvés, tellement que le min’Etat conçoit son portefeuille parfaitement bien.
«Aujourd’hui, les matières premières, principalement les minerais et le pétrole, représentent 90% des exportations de la République démocratique du Congo. Tout l’enjeu d’un pays comme le nôtre est de transformer cette situation de dépendance en opportunité», a-t-il évoqué d’entrée de jeu, poursuivant que «cela passe nécessairement par la transformation des matières premières localement et par une meilleure intégration dans les chaînes de valeur du commerce international à l’aide du développement industriel».
Développant sa pensée, Loando a affirmé que «la qualité des infrastructures et des services relatifs au transport et à la logistique sont des facteurs indéniables d’implantation et de développement de l’activité industrielle. Si le Congo parvient à créer un maillage d’infrastructures routières, fluviales, maritimes et aéroportuaires d’envergure combiné à des pôles de transport et de logistique performants, les conditions seront réunies pour développer des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée, entraînant dans leur sillage création d’emplois et attractivité territoriale». Costaud.
La machine Loando à plein régime
Un argumentaire en béton, suivi de cette observation qui met en exergue certains «grands projets d’aménagement du territoire» comme la construction du port en eau profonde de Banana, l’optimisation du terminal de transport frontalier de Kasumbalesa ou encore l’extension de l’aire urbaine de Goma.
Au cours d’une même interview, Guy Loando a rassuré qu’il s’est activé en vue d’accompagner, non sans faille, la vision de Félix Tshisekedi pour emmener la RDC à son essor économique, gage d’un développement durable intégral. Sa machine tourne à plein régime.
«J’ai humblement répondu présent et je m’attelle à la tâche depuis lors. Cette volonté est naturellement en droite ligne avec la vision du Président de la République, Chef de l’État, S.E Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui souhaite construire un État fort, prospère et solidaire. C’est l’objectif que nous poursuivons sans relâche», a-t-il martelé, avant de circonscrire: «le contexte actuel de pandémie mondiale crée un impératif de relance économique et impose la mise en place de dispositifs capables d’atténuer les chocs sanitaire et social pour nos concitoyens. Ensuite nous devons œuvrer à la restauration de l’autorité de l’État ainsi qu’à la diversification de notre économie pour créer les conditions d’une croissance créatrice d’emplois et source de redistribution des richesses».
*Pas de développement sans maitrise de l’espace*
C’est devenu un credo que l’actuel ministre d’Etat à l’Aménagement du territoire récite au quotidien avec foi, ferveur et conviction: «aucun pays ne peut véritablement se développer sans une maîtrise de son espace». Par conséquent, a-t-il soutenu, son ministère joue un rôle capital dans la vision du développement incarnée par le Président Tshisekedi.
«C’est pourquoi, avec l’ensemble des agents, nous avons été sur le pied de guerre pour créer un environnement propice à la réalisation des objectifs du gouvernement grâce aux outils: la politique nationale d’aménagement du territoire qui vise à transformer le Congo en un territoire intégré et interconnecté au monde, le projet de loi relatif à l’aménagement du territoire, en cours d’adoption par l’Assemblée nationale, qui consacre la planification spatiale et garantit l’existence d’un cadre normatif moderne, le dernier datant du 20 juin 1957 et, bien sûr, le programme REVITE – ”Repensons nos villages, villes et territoires” qui invite les Congolais, notamment ceux de la diaspora, à investir au pays».
De l’avis de Guy Loando, ces outils stratégiques, qui se sont trop longtemps fait attendre, consacrent les principes de bonne gouvernance tels que la transparence de l’action publique et participent à améliorer la compétitivité ainsi que l’attractivité de notre territoire.