Guerre d'agression en RDC : Denis Mukwege plaide pour la revitalisation de l'accord-cadre d'Addis Abeba en vue d'assurer paix dans la région des Grands Lacs

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Le prix Nobel Docteur Denis Mukwege
Le prix Nobel Docteur Denis Mukwege

Par Grevisse Tekilazaya

A l'occasion du douzième anniversaire de l'Accord-Cadre d’Addis Abeba pour la paix, le prix Nobel Docteur Denis Mukwege a plaidé pour sa revitalisation, en vue d'assurer la paix dans la région des Grands Lacs.

Le gynécologue congolais estime que ledit accord de paix est le seul moyen qui permet de traiter des causes profondes de la violence armée et de l’instabilité observée dans la partie orientale de la RDC.

Dans son message, le prix Nobel Docteur Denis Mukwege a noté l'urgence de passer aux actions, en lieu et place des simples paroles. 

"La République démocratique du Congo subit une menace existentielle sans précédent depuis plus de 25 ans de crise, avec l’agression du régime de Kigali et l’invasion de larges pans du territoire national, qui prend le visage d’une annexion avec la mise en place d’administrations parallèles illégitimes, en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international, et en méprisant les appels au cessez-le-feu et au retrait des forces d’occupation", a-t-il fait remarquer.

Il y a urgence à revitaliser l’«Accord de l’Espoir», où l’État congolais, les pays de la région et la Communauté internationale s’étaient rassemblés pour parvenir à une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs africains, en adoptant une série d’engagements, dont la mise en oeuvre effective devait être facilitée par des mécanismes de suivi aux niveaux national, régional et international, pour consolider une stratégie pour la paix et le développement.

Denis Mukwege reproche notamment les autorités congolaises ainsi que la Communauté internationale de manquer de volonté, malgré les promesses suscitées avec l'Accord-Cadre de paix.

"Il est regrettable de constater que le manque de volonté politique des autorités congolaises couplé à la mauvaise foi des États déstabilisateurs de la région et au déficit de mobilisation diplomatique des institutions co-garantes aient abouti au pourrissement d’une situation qui menace aujourd’hui la paix et la sécurité internationales.

Il n’est jamais trop tard pour agir et adopter des mesures urgentes et décisives, pour faire pression sur les forces d’agression et d’occupation et endiguer l’escalade de la crise. Les pays et les institutions partenaires de la RDC, notamment les co-garants de l’Accord-Cadre, ne peuvent plus accepter ou tolérer ces violations flagrantes du droit international sans réagir avec fermeté.

Le temps est venu de passer des paroles aux actes", a déclaré le prix Nobel de la paix.

Et de conclure : "A l’instar des tous les peuples, la Nation congolaise a le droit de disposer d’elle-même, et de vivre en paix. Le non respect des engagements pris par les signataires de l’Accord-Cadre ainsi que des appels répétés au cessez-le-feu immédiat et au retrait sans condition des zones occupées par l’armée rwandaise et du M23 doivent impérativement être assortis de sanctions vigoureuses et de la suspension de la coopération militaire et sécuritaire par tous les États et les institutions qui bénéficient de leviers sur les parties au conflit".

Mardi 25 février 2025 - 09:23