Par Serge Mavungu
L'annonce par le chef de l'État Félix Tshisekedi de la convocation prochaine d'un dialogue inclusif continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Si cette initiative a été favorablement accueillie par plusieurs acteurs politiques, des responsables religieux ainsi que certaines composantes de la majorité présidentielle, d'autres formations politiques, notamment le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, (PPRD), expriment des réserves sur les conditions de sa tenue.
Dans une tribune publiée lundi 20 juillet 2026, Nharly Amisi KM, coordonnateur PPRD/Europe et S.E.F PPRD /France. , estime qu'un dialogue politique ne pourra être crédible sans une véritable décrispation de la situation politique.
À l'en croire, l'annonce du chef de l'État constitue certes un signal à prendre en considération, mais elle demeure insuffisante pour restaurer la confiance. Il soutient que la confiance ne se construit pas à travers les déclarations, mais plutôt par des actes concrets.
Le cadre du PPRD rappelle que le climat politique congolais est marqué depuis plusieurs années par des tensions et une profonde méfiance entre les acteurs. À ses yeux, l'initiative présidentielle traduit une reconnaissance implicite de l'existence d'une crise politique, mais celle-ci doit être accompagnée de mesures susceptibles de rassurer toutes les parties prenantes.
Nharly Amisi énumère ainsi plusieurs préalables qu'il juge indispensables à l'ouverture d'un dialogue. Il cite notamment la libération des personnes que son parti considère comme des détenus politiques, le retour libre et sécurisé des exilés politiques, l'abandon des procédures judiciaires qu'il qualifie de politiquement motivées contre le président honoraire Joseph Kabila, ainsi que le retour sans condition des opposants vivant à l'étranger.
"On ne peut appeler au dialogue tout en maintenant les conditions qui rendent ce dialogue impossible. On ne peut invoquer la réconciliation tout en laissant subsister des décisions perçues par une partie importante de la classe politique comme des instruments d'exclusion", a-t-il déclaré.
D'après Nharly Amisi, les Congolais attendent désormais des actes plutôt que des déclarations. Il estime que le Président Félix Tshisekedi dispose d'une occasion de démontrer sa volonté de favoriser une véritable réconciliation nationale à travers des décisions concrètes de décrispation politique.
"Sans actes forts, immédiats et vérifiables de décrispation politique, le dialogue inclusif restera un slogan. Avec ces actes, ce forum pourra devenir le fondement d'une nouvelle étape de réconciliation nationale, de stabilité institutionnelle et de consolidation démocratique", conclut-il.