Rutshuru : la société civile dénonce le rasage des bananeraies par l'AFC/M23 et craint une aggravation de la crise alimentaire

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Par la Rédaction

La coordination territoriale de la société civile, forces vives de Rutshuru, tire la sonnette d'alarme face à la destruction massive des plantations de bananes dans plusieurs zones sous contrôle de l'AFC/M23. Dans une déclaration rendue publique, ce vendredi 4 septembre 2026, signée par Jean-Claude Mbabaze, président de cette structure, elle exprime sa profonde inquiétude face aux opérations de coupe systématique d'une culture essentielle à la survie des habitants.

Les coupes ordonnées par les autorités du mouvement rebelle visent principalement les bananeraies situées le long des axes de desserte agricole.

Les localités de Katwiguru, Kisharu, Buganza et Nyamwisi, situées dans le groupement de Binza au sein de la chefferie de Bwisha, ont vu leurs champs largement, voire entièrement, rasés au cours de ces interventions successives. L'opération continue de s'étendre sur le terrain. Ce vendredi 4 septembre, les travaux de rasage se sont poursuivis à partir de Nyamilima, plus précisément au quartier Paysannat, en progressant vers la localité de Ngombe, toujours dans le groupement de Binza, selon les faits rapportés par l'organisation citoyenne.

Cette campagne d'abattage porte un coup très dur à l'économie rurale du territoire. Pour de très nombreuses familles locales, la culture des bananiers représente à la fois la base de l'alimentation quotidienne et l'unique source de revenus. Sa disparition brutale expose directement les habitants à une famine sévère, à la précarité extrême, au décrochage scolaire des enfants ainsi qu'à d'autres drames sociaux.

Sur le plan juridique et humanitaire, la société civile souligne que la destruction de biens indispensables à la survie des populations civiles constitue une atteinte grave au droit international humanitaire. La structure demande ainsi une attention urgente et particulière de la part des mécanismes compétents pour traiter cette situation critique.

Face à cette urgence, la Coordination territoriale exige de l'AFC/M23 l'arrêt immédiat de ces pratiques qui privent la population de ses moyens de subsistance. Elle formule un appel direct au gouvernement congolais, à la communauté internationale, aux Nations unies et aux organisations de défense des droits humains pour qu'ils se saisissent immédiatement du dossier.

Vendredi 4 septembre 2026 - 11:16