Par Gloire Balolage
L’avenir des industries culturelles et créatives de la République démocratique du Congo (RDC) s’est retrouvé au centre des échanges engagés à Paris par Barbara Kanam, directrice générale du Fonds de promotion culturelle (FPC), actuellement en mission officielle en France. À travers cette démarche, la responsable du FPC entend mettre en avant le potentiel économique du secteur culturel congolais ainsi que son rôle dans la création d’emplois, de revenus et de nouvelles opportunités d’investissement.
Cette réflexion a notamment été portée lors de la séance inaugurale de La REF, le grand rendez-vous annuel du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), qui réunit près de 20 000 chefs d’entreprise, investisseurs et décideurs représentant quelque 200 000 entreprises. La participation de la directrice générale du FPC à cette rencontre a permis de placer la création congolaise au cœur des discussions consacrées à l’investissement, à la compétitivité et au développement économique.
Au cours de cette mission, Barbara Kanam a présenté les différentes potentialités que recèle le secteur culturel en RDC. Le FPC estime que des domaines tels que la musique, le patrimoine, l’audiovisuel, la mode, les arts visuels et le spectacle vivant disposent d’importantes capacités en matière d’entrepreneuriat, de création d’emplois, de génération de revenus et d’attractivité pour le pays. La culture est ainsi présentée non seulement comme un moyen d’expression et de transmission, mais également comme un secteur capable de contribuer à la création de valeur.
Cette orientation s’inscrit, selon le FPC, dans la volonté du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de promouvoir la culture congolaise et de renforcer la contribution de ce secteur au développement national ainsi qu’au rayonnement de la RDC sur la scène internationale. Devant des représentants du monde économique français, la directrice générale du FPC a également engagé des échanges autour des possibilités de coopération, de partenariat et d’investissement en faveur des industries culturelles et créatives congolaises.
L’un des principaux enjeux évoqués demeure toutefois celui du financement. Le développement des industries créatives nécessiterait, au-delà de l’intervention publique, une mobilisation accrue du mécénat, des cofinancements, du capital-investissement ainsi que des partenariats public-privé. Ces différents mécanismes pourraient permettre aux porteurs de projets culturels de disposer de ressources adaptées aux différentes étapes de leurs activités, notamment leur maturation, leur consolidation et leur croissance.
Le FPC souligne également la nécessité d’une professionnalisation accrue des acteurs du secteur et d’un rapprochement plus étroit avec les réseaux économiques internationaux. L’accès à l’expertise, aux partenariats techniques, aux financements et aux standards qui structurent les marchés mondiaux est présenté comme un levier permettant aux productions congolaises de franchir un nouveau cap. La démarche engagée en France cherche ainsi à associer financement, structuration et ouverture internationale afin de créer un environnement plus favorable aux artistes, entrepreneurs et opérateurs culturels.
De La REF au Club Afrique du MEDEF de l’Est Parisien, Barbara Kanam a poursuivi cette démarche en défendant l’idée que la capacité créative de la RDC doit bénéficier de conditions économiques favorables à son développement. Pour le Fonds de promotion culturelle, l’ouverture vers les milieux patronaux internationaux doit contribuer à rapprocher les initiatives congolaises des compétences, des capitaux et des marchés nécessaires à leur croissance.