Entre stabilité et chaos : l’impératif d’un leadership éclairé en RDC (Tribune)

Catégorie
Image
Nharly Amisi, Coordonnateur PPRD/Diaspora
Nharly Amisi, Coordonnateur PPRD/Diaspora

Tribune de Nharly AMISI K.M, Coordonnateur PPRD/ Schengen

Un moment charnière dans la trajectoire congolaise.

La République démocratique du Congo traverse une phase critique de son histoire politique contemporaine.

Entre la nostalgie d’un passé institutionnel structuré et les incertitudes d’un présent marqué par l’improvisation, le pays se retrouve confronté à un choix décisif : poursuivre sur la voie d’une gouvernance rationnelle et cohérente, ou sombrer dans une instabilité chronique.

L’héritage institutionnel laissé par le président Joseph Kabila caractérisé par la construction d’un État organisé, la mise en place d’un cadre constitutionnel stable et la première alternance pacifique du pouvoir contraste fortement avec la gouvernance actuelle, souvent marquée par la désorganisation, les promesses non tenues et la perte de repères politiques.

Cette situation pose une question centrale : comment restaurer la cohérence institutionnelle et le sens de la République dans un contexte de fragilisation démocratique ?

Rupture de cap et désalignement institutionnel

Sous la présidence de Félix Tshisekedi, plusieurs observateurs constatent un affaiblissement du cadre institutionnel. Alors que la période kabiliste avait réussi, à instaurer une relative stabilité politique, la gouvernance actuelle semble s’appuyer davantage sur le populisme discursif que sur une vision d’ensemble.

Les promesses sans concrétisation, la fragmentation du leadership et l’instrumentalisation des institutions participent à une dynamique de désordre politique. Ce désalignement se manifeste notamment par :

-la dilution de la responsabilité politique dans les organes de l’État ;

-une érosion du respect des institutions républicaines et un affaiblissement du lien de confiance entre les gouvernants et les citoyens.

Ainsi, l’élan structurel amorcé sous Kabila celui d’un État debout et maître de son destin s’est progressivement brisé, laissant place à une gestion plus conjoncturelle qu’institutionnelle.

Vers une refondation politique et morale

Toutefois, cette situation n’est pas irréversible. Le peuple congolais conserve la capacité de redevenir acteur de son histoire, à condition de replacer la politique au service de la nation et non des intérêts partisans.

Il s’agit de redonner au mot « République » sa pleine signification : celle d’un contrat collectif fondé sur le travail, la justice et la dignité.

Une refondation efficace passe par :

-la rationalisation des institutions (notamment du Parlement) ;

-la moralisation de la vie publique et le renforcement de la culture démocratique au sein des élites et de la population.

Ce processus exige une volonté politique ferme, une revalorisation de l’éthique républicaine, et une réconciliation entre l’État et le citoyen.

Réponse aux propos de Christian Mwando

Les déclarations de l’honorable Christian Mwando, président du groupe parlementaire Ensemble pour la République, traduisent davantage une réaction d’émotion qu’une analyse politique lucide.

Le président Joseph Kabila n’a jamais prétendu diriger qui que ce soit, mais il demeure un acteur majeur de la vie politique congolaise, reconnu pour son expérience, sa vision et sa constance.

Parler de « wagon » ou de « locomotive » est une image réductrice qui ne rend pas justice aux enjeux réels du pays.

Ce dont la RDC a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une compétition d’ego, mais d’une synergie nationale pour relever les défis économiques, sécuritaires et institutionnels.

Moïse Katumbi, comme tout acteur politique, peut avoir son parcours et ses ambitions, mais cela ne devrait pas se traduire par le mépris de ceux qui ont ouvert la voie à la stabilité du pays.

Le président Kabila n’a pas besoin de « convoquer », il rassemble, il écoute et il conseille c’est la marque d’un véritable homme d’État.

Pour une renaissance politique et morale

Le Congo ne peut plus se contenter de slogans ni de promesses creuses.

La véritable relance nationale repose sur une renaissance politique et morale, où les valeurs républicaines remplacent les calculs partisans.

L’histoire récente du pays démontre qu’il existe un socle solide celui d’un État structuré, d’une stabilité et d’une vision qu’il faut désormais consolider.

Ainsi, la RDC est appelée à opérer un retour à la rigueur, à la cohérence et à la responsabilité publique.

C’est à ce prix seulement que pourra naître un Congo véritablement souverain, juste et prospère.

Étiquettes
Mercredi 12 novembre 2025 - 17:18