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RDC : le Front Anti-Dialogue désavoue la proposition de dialogue de Martin Fayulu !

mer 19/11/2025 - 12:08
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Dieudonné Nkishi, Coordonnateur du Front Anti-Dialogue
Dieudonné Nkishi, Coordonnateur du Front Anti-Dialogue

Par Serge Mavungu 

Le Front Anti-Dialogue a réagi à la récente déclaration de Martin Fayulu, président national de l’Engagement Citoyen pour le Développement (ECIDé) et coordonnateur de la plateforme Lamuka. Dans une lettre ouverte qui lui est directement adressée, signée par Héritier Ekoto Isasi, cette structure salue la fermeté avec laquelle l’opposant rappelle la primauté de la souveraineté nationale et l’impossibilité pour tout accord extérieur de supplanter l’intégrité territoriale du pays.

Cependant, le Front Anti-Dialogue souligne son désaccord profond avec l’idée d’un « dialogue national inclusif », présenté par Martin Fayulu comme un outil majeur pour sauver la Nation. Le mouvement estime nécessaire d’apporter une mise au point solennelle, invoquant la responsabilité historique que requiert la situation du pays.

Des dialogues jugés inefficaces depuis plus de vingt ans

Dans son argumentaire, le Front Anti-Dialogue rappelle que la RDC a multiplié les dialogues politiques au cours des deux dernières décennies : Lusaka, Sun City, Nairobi, Kampala, Addis-Abeba, Centre interdiocésain, entre autres. Pour le mouvement, tous ces cadres ont produit les mêmes effets : intégration de rébellions dans l’armée, infiltration du territoire, récompense de l’insurrection, impunité, fragilisation de l’État et enracinement de prédations étrangères. « Aucun de ces dialogues n’a apporté la paix », insiste-t-il.

Deux questions posées à Fayulu

Le Front Anti-Dialogue adresse deux interrogations précises au président de l’ECIDé. D’abord : quelle garantie un dialogue pourrait-il offrir pour faire cesser les velléités du Rwanda, accusé de poursuivre depuis trente ans un projet géopolitique structuré fondé sur la déstabilisation et la convoitise des ressources congolaises ? Ensuite : quelles assurances existent-elles que les « brebis galeuses » congolaises cesseraient de servir des intérêts étrangers, alors que les dialogues passés ont souvent blanchi ou promu leurs auteurs ?

Les responsables du mouvement affirment attendre des réponses claires à ces questions avant toute adhésion à l’idée d’un nouveau forum.

Selon le Front Anti-Dialogue, les conférences nationales ont atteint leurs limites. Le mouvement estime que les seuls résultats tangibles observés récemment proviennent de la mobilisation populaire illustrée par les Wazalendo, présentés comme la démonstration qu’un peuple organisé et déterminé peut contraindre l’agresseur à reculer.

La défense de la Patrie, souligne-t-il, n’est pas un compromis politique mais un devoir moral et historique. À la place d’un énième dialogue, le Front Anti-Dialogue appelle à une mobilisation générale du peuple congolais. Il estime que la cohésion nationale doit naître du sacrifice et non de négociations, et considère toute tentative de convoquer un nouveau forum comme un affaiblissement de la résistance.

Le mouvement exhorte les Congolais à s’unir « non autour d’une table, mais autour d’un idéal : défendre la Patrie ».

Dans sa conclusion, le Front Anti-Dialogue insiste sur le caractère patriotique, et non personnel, de sa divergence avec Martin Fayulu. Tant que les deux questions centrales l’arrêt de l’agression rwandaise et la loyauté des acteurs congolais ne recevront pas de réponses concrètes, le mouvement jugera la proposition de dialogue risquée pour la survie même de la Nation.

« La République démocratique du Congo ne sera pas sauvée par un texte négocié dans un salon, mais par la vigilance, le courage, la mobilisation et la résistance patriotique de son peuple », affirme la lettre.

Mercredi 19 novembre 2025 - 12:08