Par la Rédaction
Le Gouvernement congolais a vivement réagi, ce mercredi 10 décembre 2025, aux violences en cours dans la ville d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Son porte-parole, Patrick Muyaya, a dénoncé « des attaques directes » attribuées à l’Armée rwandaise, qui visent délibérément des zones civiles.
Selon le ministre de la Communication, les hostilités se poursuivent depuis dimanche avec une intensité croissante.
« Les bombardements et tirs de drones kamikazes viennent du territoire rwandais, de Bugarama. Ils ciblent des hôpitaux, des centres de santé, des maisons d’habitation », a déclaré Patrick Muyaya, estimant que ces opérations armées témoignent d’une « violence inouïe portée par l’Armée rwandaise ».
Le porte-parole du Gouvernement a affirmé que ces attaques ont pour objectif de « semer la mort et la désolation » dans cette partie du Sud-Kivu. Il a précisé que « plusieurs compatriotes ont perdu la vie et beaucoup d’autres sont blessés », sans fournir de bilan complet en raison de l’évolution rapide de la situation sur le terrain.
Face à cette escalade, Kinshasa met en garde contre les conséquences humanitaires dramatiques qui se dessinent autour d’Uvira. Plus de 200.000 personnes ont fui les violences ces derniers jours, a indiqué Patrick Muyaya, évoquant un mouvement de population d’une ampleur exceptionnelle dans la région.
Le ministre a rappelé que ces nouveaux déplacés viennent s’ajouter aux « sept millions déjà recensés dans d’autres zones de conflit » à travers le pays. Une situation qu'il qualifie d’« alarmante » et qui met à rude épreuve les capacités d’accueil et d’assistance humanitaire.
Invité sur le plateau de l’émission "Spécial Congolais Télèma", Patrick Muyaya a réitéré que les bombardements proviennent de Bugarama, au Rwanda , et ont touché à plusieurs reprises des structures civiles, des centres de santé, ainsi que des maisons d’habitation.
Les autorités rapportent déjà au moins 83 blessés en deux jours, un chiffre susceptible d’augmenter au fil des heures. Les services de santé locaux, durement éprouvés, peinent à faire face à l’afflux des victimes et au déplacement massif de la population.
Alors que les bombardements se poursuivent, le Gouvernement congolais appelle à une mobilisation urgente pour répondre à la crise humanitaire en cours et protéger les civils pris au piège des affrontements.