Par la Rédaction
Dans un communiqué publié ce lundi, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a vivement réagi aux propos récents du général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC), suspendu pour ses déclarations jugées stigmatisantes à l’égard de la communauté tutsi.
Denis Mukwege a rappelé avec que tout discours ou acte de haine, d’humiliation ou de discrimination visant une ethnie ou un genre doit être unanimement réprouvé et condamné, surtout lorsqu’il émane d’une autorité publique.
Pour lui, la gravité de ces propos réside dans leur capacité à attiser les divisions ethniques au sein d’une société déjà fragilisée par des décennies de conflits et d’injustices. Il souligne que dans un pays aussi divers que la RDC, le discours public doit être porteur d’unité et de réconciliation, non de fracture et de haine.
Ce dernier rappelle aussi que la population congolaise endure depuis longtemps les souffrances causées par l’agression rwandaise et ses groupes supplétifs, avec des conséquences humaines et sociales désastreuses. Toutefois, il insiste sur le fait qu’il est indispensable d’éviter les discours toxiques qui, au lieu d’apporter des solutions, alimentent la haine ethnique et la discrimination fondée sur le genre.
Dans son message, Denis Mukwege appelle à ce que l’amour et la solidarité entre les peuples de la région des Grands Lacs prévalent sur les discours haineux propagés par certains dirigeants assoiffés de pouvoir et de violence. Il invite à une prise de conscience collective pour dépasser les divisions et construire une paix durable fondée sur le respect mutuel.
L’impunité, selon lui, est un facteur clé qui explique la répétition incessante de paroles et d’actes haineux. Certains dignitaires, bénéficiant d’une protection politique, continuent de fragiliser la cohésion nationale et régionale par leurs discours et comportements discriminatoires. Denis Mukwege dénonce cette situation comme un obstacle majeur à la paix et à la stabilité.
Enfin, il appelle les autorités congolaises et régionales à agir fermement pour sanctionner ces dérives et mettre fin à l’impunité. Seule une réponse forte et exemplaire pourra restaurer la confiance entre les communautés et promouvoir une véritable réconciliation.