Le Chef de l’exécutif provincial de la province du Kwilu, a reçu ce lundi 14 juillet 2026 une délégation d’experts nationaux en sécurité sanitaire conduite par le Coordonnateur provincial de l’Environnement. Cette audience a été consacrée à la présentation des résultats préliminaires des évaluations infranationales conjointes du Règlement sanitaire international (RSI 2005) et des Performances des services vétérinaires (PVS).
À travers cet exercice, les experts ont dressé un état des lieux des capacités de la province à prévenir, détecter et répondre aux urgences de santé publique, qu’il s’agisse d’épidémies, de zoonoses ou d’autres menaces sanitaires.
Un diagnostic sans complaisance
Les résultats présentés montrent que le Kwilu dispose de quelques capacités en cours de développement, notamment dans les domaines du financement de certaines interventions sanitaires, du transport des échantillons biologiques, de la mobilisation des ressources humaines impliquées dans la mise en œuvre du RSI et de la gestion de certaines urgences de santé publique.
Cependant, l’évaluation met également en lumière d’importantes faiblesses qui limitent encore la capacité de la province à faire face efficacement aux risques sanitaires.
Parmi les principaux défis identifiés figurent :
•la faiblesse de la coordination entre les différents secteurs impliqués dans la sécurité sanitaire ;
•l’absence de mécanismes opérationnels pour la surveillance des zoonoses ;
•les insuffisances des services vétérinaires ;
•les limites du système de surveillance et d’alerte précoce ;
•le manque de mécanismes durables de financement des urgences sanitaires.
Selon les experts, la majorité des indicateurs évalués se situent encore à un niveau rudimentaire, ce qui souligne la nécessité d’investissements et de réformes pour renforcer durablement la résilience sanitaire de la province.
Des résultats qui interpellent

Les évaluations ont porté sur 37 indicateurs couvrant les différentes capacités exigées par le RSI et l’approche PVS.
Les résultats révèlent que seuls 8 indicateurs ont obtenu un score de 2, traduisant l’existence de capacités encore en développement. Ces domaines constituent néanmoins des points d’appui importants sur lesquels la province pourra s’appuyer pour accélérer les progrès.
En revanche, 29 indicateurs ont obtenu un score de 1, soit près de 80 % des capacités évaluées. Cette situation traduit l’existence de nombreuses insuffisances structurelles et démontre que d’importants efforts restent nécessaires pour bâtir un système provincial de sécurité sanitaire plus robuste.
Une évaluation menée selon l’approche « Une Seule Santé »
Conduite sous la coordination de l’Institut National de Santé Publique (INSP) avec l’appui technique et financier de Resolve to Save Lives, dans le cadre de son partenariat avec l’Unité de Gestion du Programme de Développement du Système de Santé (UG-PDSS), cette évaluation a mobilisé pendant plusieurs jours des experts issus des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.
Le processus a débuté par une phase de sensibilisation et de briefing des acteurs provinciaux avant le remplissage du cahier d’évaluation. Les experts provinciaux et les évaluateurs nationaux ont ensuite examiné, indicateur par indicateur, l’ensemble des composantes du dispositif provincial de sécurité sanitaire.
Cette démarche s’inscrit dans l’approche « Une Seule Santé » (One Health), qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement dans la prévention et la gestion des menaces sanitaires.
Un outil pour orienter les décisions futures

Au nom des partenaires techniques, le représentant de Resolve to Save Lives en RDC, le Dr Billy Yumaine, a rappelé que l’objectif de l’exercice va bien au-delà d’un simple diagnostic.
« Les résultats présentés aujourd’hui ne doivent pas être perçus comme une simple photographie des performances actuelles des secteurs concernés. Ils constituent plutôt un outil stratégique d’aide à la décision », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces évaluations répondent aux recommandations de l’Évaluation externe conjointe réalisée en République démocratique du Congo et visent à renforcer les capacités provinciales de préparation et de réponse aux urgences de santé publique.
Le Gouverneur réaffirme son engagement
Réagissant à la présentation des résultats, le Gouverneur Philippe Akamitatuna Ndolo a salué la qualité du travail réalisé par les équipes nationales et provinciales.
« Les résultats qui nous sont présentés aujourd’hui constituent un outil précieux d’aide à la décision », a-t-il affirmé.
Le Chef de l’exécutif provincial a souligné que les menaces sanitaires actuelles, qu’il s’agisse des épidémies, des zoonoses ou encore des catastrophes naturelles, nécessitent une mobilisation coordonnée de tous les secteurs concernés.
Il a également réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à accompagner la mise en œuvre des recommandations issues de cette évaluation afin d’améliorer progressivement les capacités de prévention, de détection et de riposte aux urgences sanitaires dans le Kwilu.
Prochaine étape : élaborer une feuille de route provinciale
À l’issue de cette phase d’évaluation, la province devra encore franchir une étape importante : l’évaluation de son niveau de préparation aux urgences de santé publique.
Les résultats de ce processus serviront de base à l’élaboration de la Feuille de Route Provinciale de Sécurité Sanitaire (FRAPSS), document stratégique qui définira les priorités d’investissement et d’action pour les prochaines années.
Les partenaires techniques et financiers seront appelés à aligner leurs interventions sur cette feuille de route afin de soutenir durablement le renforcement de la sécurité sanitaire dans le Kwilu.
Soutenue par l’UG-PDSS à travers son contrat avec Resolve To Save Lives, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé et plusieurs autres partenaires, cette initiative s’inscrit dans les efforts du Gouvernement de la République démocratique du Congo visant à doter les provinces de capacités plus solides pour prévenir et faire face aux futures urgences sanitaires.