Par Prosper Buhuru
Le ministère du Portefeuille a apporté, mardi 13 janvier 2026, des clarifications officielles sur le différend opposant la République démocratique du Congo à la société PayServices Bank, dénonçant une manœuvre dolosive fondée sur une fausse qualité bancaire.
Dans un communiqué de presse, le ministère indique que les informations récemment publiées par le média Africa Intelligence reposent sur une présentation juridiquement erronée et incomplète du dossier, en occultant des éléments déterminants transmis par l’État congolais avant leur diffusion.
Contrairement aux affirmations relayées, PayServices n’a jamais disposé du statut juridique d’établissement bancaire au regard du droit américain. Par une décision formelle du 18 octobre 2024, le Département des Finances de l’État de l’Idaho a retiré toute reconnaissance conditionnelle antérieure et interdit à cette société l’usage du terme « bank », faute de conformité aux exigences réglementaires.
En continuant à se présenter comme une banque auprès des autorités congolaises, PayServices a créé une apparence trompeuse de régulation et de solvabilité ; élément déterminant du consentement initial des institutions publiques. Cette situation constitue, selon le ministère, une manœuvre dolosive visant à obtenir indûment l’accès aux ressources souveraines de l’État.
Les vérifications menées par les services compétents du ministère des Finances, notamment par les responsables habilités, ont établi que PayServices n’était ni autorisée ni habilitée à recevoir ou gérer des fonds publics. Conformément à l’article 108 de la loi relative aux finances publiques, les autorités ont donc mis un terme à toute suite administrative afin de préserver les intérêts du Trésor.
Le ministère souligne, par ailleurs, qu’aucune valorisation crédible de la société n’a été produite, PayServices étant dépourvue d’états financiers certifiés, d’audit indépendant et même de définition claire de la valeur de ses actions. Aucun fonds public n’ayant été engagé ou transféré, aucun préjudice financier ne peut être établi.
Les allégations évoquant de prétendus investissements de 72 millions de dollars américains sont qualifiées de sans fondement juridique, budgétaire ou comptable. De même, l’existence d’un supposé contrat entre PCES AKIBA et la CADECO est formellement démentie.
Pour le ministère du Portefeuille, les accusations de corruption et de pressions formulées après le refus de paiement relèvent d’une stratégie de représailles visant à détourner l’attention du cœur du dossier, à savoir la fausse qualité bancaire revendiquée par PayServices.
Le Gouvernement congolais estime enfin que mettre fin à une relation fondée sur une fausse qualité ne constitue pas une rupture abusive, mais un acte de bonne gouvernance, conforme aux standards de vigilance appliqués par les autorités américaines elles-mêmes. La RDC affirme rester disposée à coopérer avec toute juridiction légalement compétente, tout en se réservant le droit d’engager toutes les voies de droit pour défendre sa souveraineté financière et l’intégrité de ses institutions.