Par Patrick Kitoko
Le lancement des travaux du Centre des infrastructures Félix Tshisekedi Tshilombo provoque une vague d’indignation et ravive les soupçons de mauvaise gouvernance.
Pour Jean-Claude Katende, cette nouvelle initiative relève d’une logique irresponsable alors que le centre financier, pourtant prioritaire, demeure inachevé. Des bâtiments encore non opérationnels, des locaux laissés à l’abandon et des chantiers qui s’éternisent : tel est le constat amer dressé par cet acteur de la société civile.
“Pourquoi engager de nouveaux travaux alors que le centre financier n’est même pas terminé ?”, s’interroge-t-il, fustigeant une gestion qu’il qualifie sans détour de gaspillage éhonté des fonds publics.
Cette décision, loin de rassurer, alimente les critiques sur l’absence de planification rigoureuse et le mépris des priorités nationales.
Pour Jean-Claude Katende, multiplier les projets sans achever ceux déjà lancés revient à disperser les ressources de l’État au détriment de l’intérêt général.
Alors que les autorités poursuivent leur course aux annonces et aux inaugurations symboliques, la question essentielle demeure : à quand la reddition des comptes et la fin des chantiers fantômes financés par l’argent du contribuable ?
Pour rappel, la Première ministre Judith Suminwa a lancé le 22 janvier 2026 les travaux de construction du CIFATT - Centre des infrastructures Félix Tshisekedi - à Kinshasa. Un immeuble de 14 étages, financé par le Gouvernement, qui, selon les initiateurs, sera un hub moderne destiné à abriter l'ACGT - Agence congolaise des grands travaux - et à centraliser le pilotage des infrastructures.
Ce bâtiment sera érigé dans la municipalité de la Gombe, à Kinshasa, offrant plus de 300 bureaux pour 1 200 à 1 400 agents avec pour objectif de centraliser le pilotage des infrastructures nationales et d'héberger l'ACGT.
Il est entièrement financé sur fonds propres de l'État congolais avec une enveloppe d'environ 25 millions USD.
Ce projet s'inscrit dans la vision du Chef de l'État de faire bâtir les infrastructures du pays par des expertises locales.