Par la Rédaction
Le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a saisi, le 2 février 2026, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, pour signaler une erreur matérielle contenue dans l’arrêté ministériel du 28 janvier 2026 relatif à la mise en place des secrétaires généraux de l’Administration publique, une décision qui concerne indirectement l’Inspection Générale du Travail (IGT).
Au cœur de la correspondance, ministre de l’Emploi souligne qu’une mention nominative insérée dans l’arrêté du vice-Premier ministre pourrait être interprétée comme un acte de nomination ou de mise en place au sein de l’IGT. Or, rappelle-t-il, cette institution obéit à un régime juridique spécifique clairement encadré par le décret n°12/002 du 19 janvier 2012, portant création et organisation de l’Inspection Générale du Travail. Ce texte établit que l’IGT est une structure du ministère de l’Emploi et du Travail, placée sous l’autorité directe du ministre de tutelle, et que son dirigeant, l’Inspecteur Général du Travail, est nommé, relevé ou révoqué par le Président de la République, sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres.
Dans sa lettre, Ferdinand Massamba wa Massamba insiste sur le fait que l’Inspection Générale du Travail n’est pas dotée d’un secrétaire général, contrairement aux administrations classiques de l’État. Toute assimilation de son fonctionnement à celui d’une administration dirigée par un secrétaire général est donc, selon lui, juridiquement infondée et susceptible de créer une confusion sur l’autorité compétente en matière de nomination. Il sollicite, à cet effet, la révision de l’arrêté incriminé par un acte rectificatif ou un erratum, afin de retirer la mention litigieuse et de sécuriser juridiquement la procédure.
Le lendemain, soit le 3 février 2026, l’Inspection Générale du Travail, par la signature de son chef de service, Ezéchiel Pyana Ngwaya, a accusé réception de la correspondance ministérielle. Dans cette lettre adressée au ministre de l’Emploi et du Travail, l’IGT prend acte de la démarche et se dit attentive aux orientations de l’autorité de tutelle, sans entrer dans le fond de la controverse.
Derrière cette formulation administrative, les faits rapportés par des sources proches du dossier mettent en lumière une situation plus sensible. Le vice-Premier ministre de la Fonction publique est accusé d’avoir procédé à une mise en place assimilable à une nomination dans une entité où, juridiquement, il n’existe pas de secrétaire général. Pire, selon ces mêmes sources, la personne concernée aurait été précédemment intérimaire au poste d’Inspecteur Général du Travail et suspendue pour faute grave par l’ancien ministre de tutelle, Ephraïm Akwakwa Nawetu. Il s’agit de Jean Mboma Muyuku, dont la désignation par arrêté ministériel soulève des interrogations sur le respect de l’article 7 du décret de 2012, qui réserve cette compétence au Président de la République.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que le dossier dépasse le cadre d’une simple « erreur matérielle ». Ils appellent à une implication des plus hautes autorités de l’État, notamment la Première Ministre et, le cas échéant, le Conseil d’État, afin de clarifier les compétences respectives des institutions, de prévenir toute dérive administrative et de restaurer la sécurité juridique au sein de l’Inspection Générale du Travail.