Par Prosper Buhuru
L’opposition congolaise a porté ses revendications politiques au cœur des Nations Unies. Reçus à Kinshasa, lundi 9 février 2026, par Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire Général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, plusieurs partis et plateformes de l’opposition ont appelé la MONUSCO à jouer un rôle actif pour favoriser l’apaisement du climat politique en République démocratique du Congo.
Autour de la table, des représentants de l’ECIDE, d’Ensemble pour la République, du PPRD, d’Envol, de la LGD ainsi que de la coalition de la Gauche congolaise ont livré leur propre diagnostic de la crise sécuritaire et sociopolitique que traverse le pays. Selon eux, les dynamiques diplomatiques actuellement en cours, notamment les processus de Doha et de Washington, ne suffisent pas à traiter les causes profondes de l’instabilité.
Au nom de l’ECIDE, Jean-Baptiste Kasekwa a défendu la nécessité d’une approche plus inclusive. Il a soutenu que l’accord de Doha devrait se limiter strictement aux aspects techniques liés au cessez-le-feu et à l’application de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité, laissant les questions politiques et institutionnelles à un dialogue national inclusif. À ses yeux, seule une telle démarche permettrait de désamorcer durablement les tensions internes, tout en exerçant une pression accrue sur l’AFC/M23.
L’opposition a également attiré l’attention du responsable onusien sur l’urgence humanitaire et sécuritaire dans certaines zones sensibles. Elle a plaidé pour une implication immédiate de la MONUSCO à Uvira afin de consolider le cessez-le-feu, avec l’ambition de reproduire ce schéma dans d’autres territoires menacés. La question des violences attribuées aux ADF a, elle aussi, été présentée comme un enjeu majeur nécessitant une réponse plus ferme et plus structurée.
La visite de Jean-Pierre Lacroix à Kinshasa se poursuit ce mardi avec d’autres consultations politiques et sociales. Ces échanges visent à sonder les marges de manœuvre possibles pour renforcer les efforts de stabilisation et identifier des leviers crédibles en faveur d’une paix durable en RDC.