RDC : « la Constitution actuelle est en soins palliatifs, et il s’agit de l’accompagner jusqu’à sa mort de façon douce » (Germain Kambinga)

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Germain Kambinga, président du regroupement politique Le Centre [photo d'illustration]
Germain Kambinga, président du regroupement politique Le Centre [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

Le président du regroupement politique Le Centre, Germain Kambinga, a réagi aux discussions qui refont surface autour d’une éventuelle modification de la Constitution de la République démocratique du Congo. Ce débat a été relancé après les déclarations publiques de Modeste Bahati Lukwebo, membre du présidium de l’Union sacrée de la nation, la plateforme politique qui soutient le Président Félix Tshisekedi.

Interrogé ce vendredi 6 mars par nos confrères d’Actu30, Germain Kambinga a estimé que les discussions actuelles autour d’une révision constitutionnelle relevaient d’un débat « lunaire ». Selon lui, la Constitution en vigueur se trouve dans une situation comparable à celle d’un condamné à mort atteint d’une maladie incurable, affirmant qu’elle serait désormais dans une phase de soins palliatifs et qu’il conviendrait de l’accompagner progressivement vers sa fin.

Le leader politique a, par ailleurs, insisté sur la nécessité, pour les Congolais, de faire la distinction entre une réforme constitutionnelle menée dans un cadre démocratique et une transformation imposée par la force. Il a expliqué qu’une véritable réforme devrait provenir de la volonté populaire et non d’un processus qu’il considère comme une pseudo-révolution soutenue de l’extérieur.

Dans ses propos, Germain Kambinga a également souligné que la question essentielle à se poser aujourd’hui ne serait pas de savoir si la Constitution peut être modifiée, mais plutôt de déterminer par quel processus une telle transformation pourrait se produire. D’après lui, l’avenir institutionnel du pays dépendrait du choix entre une réforme portée démocratiquement par le peuple ou une évolution dictée par les armes.

Le président du regroupement Le Centre a ensuite évoqué plusieurs scénarios possibles concernant l’évolution de la situation constitutionnelle du pays. Il a notamment mentionné l’hypothèse d’une victoire militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui permettrait la récupération des territoires occupés par les rebelles et renforcerait la légitimité des institutions, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle réforme constitutionnelle.

Un autre scénario, a-t-il poursuivi, serait celui d’un renversement des institutions par les rebelles qu’il qualifie de pro-rwandais, ce qui conduirait à la dissolution de la Constitution actuelle et à la mise en place d’un acte constitutionnel de transition. Il a également évoqué la possibilité de négociations entre les deux camps sur un pied d’égalité, pouvant aboutir à une administration fusionnée et à l’élaboration d’une nouvelle Constitution de transition, comparable au modèle issu des accords de Sun City.

Enfin, Germain Kambinga a évoqué deux autres hypothèses, dont celle d’une incapacité des parties à parvenir à une victoire ou à une réconciliation ; situation qui pourrait, selon lui, conduire à une balkanisation du pays avec l’organisation de référendums d’autodétermination dans certaines zones sous contrôle de la rébellion AFC-M23. 

Il a aussi mentionné la possibilité d’un coup d’État mené par des forces extérieures à la rébellion, qui entraînerait la dissolution des institutions et l’instauration d’un nouvel ordre constitutionnel. Il a estimé qu’en dehors de ces cinq scénarios, aucun autre avenir ne se dessinerait pour l’actuelle Constitution et a appelé les responsables politiques congolais à faire preuve de réalisme et d’anticipation stratégique afin de préserver les intérêts du pays.

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Vendredi 6 mars 2026 - 16:45