Par Patrick Kitoko
La reprise des activités parlementaires se précise en RDC. Dans un communiqué officiel signé par le rapporteur de l’Assemblée nationale, l’honorable Jacques Djoli, le Bureau de l’Assemblée Nationale a annoncé l’ouverture de la session ordinaire de mars 2026 pour le lundi 16 mars, conformément à l’article 115, alinéa 2 de la Constitution.
Cette rentrée parlementaire intervient dans un contexte politique très chargé, marqué par plusieurs dossiers sensibles qui devraient alimenter les débats au sein de l’hémicycle du Palais du Peuple à Kinshasa. Après la clôture de la session précédente, plusieurs textes et propositions de loi restent en suspens à l’Assemblée nationale. Parmi eux figurent notamment des projets liés aux réformes institutionnelles, à la gouvernance publique ainsi qu’aux questions sécuritaires et économiques.
La session de mars pourrait ainsi être déterminante pour l’examen et l’adoption de certains textes jugés prioritaires par le gouvernement et les groupes parlementaires. Les députés devront également se pencher sur les mécanismes de contrôle parlementaire, notamment à travers l’examen des rapports de certaines commissions permanentes et d’éventuelles auditions de membres du gouvernement sur la gestion de plusieurs secteurs clés importants.
Cette reprise des travaux parlementaires intervient également dans un climat diplomatique marqué par les discussions autour de l’Accord de paix de Washington sur l’Est de la RDC. Cet accord, qui vise à contribuer à la stabilisation de l’Est du pays, demeure un sujet central dans le débat politique congolais. Au sein de l’opinion publique comme dans la classe politique, plusieurs voix réclament un suivi parlementaire rigoureux de la mise en œuvre des engagements pris dans ce cadre.
Certains élus pourraient ainsi exiger des clarifications du gouvernement sur les implications politiques, sécuritaires et diplomatiques de cet accord. Parallèlement, l’idée d’un dialogue inclusif continue d’alimenter les discussions dans le paysage politique congolais. Plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile plaident pour l’ouverture d’un cadre de concertation nationale afin d’aborder les questions liées à la gouvernance, à la sécurité et au processus électoral.
Un tel dialogue, s’il venait à se concrétiser, pourrait impliquer différentes institutions de la République, dont le Parlement, appelé à jouer un rôle de relais institutionnel dans la recherche de solutions politiques consensuelles. Autre sujet qui pourrait s’inviter dans les débats de la session de mars : la question d’un éventuel changement ou non de la Constitution de la RDC.
Depuis plusieurs mois, des discussions informelles circulent dans l’espace politique autour d’une possible révision constitutionnelle. Si certains acteurs estiment que des réformes institutionnelles pourraient renforcer l’efficacité de l’État, d’autres s’y opposent fermement, craignant une remise en cause de l’équilibre politique actuel. Le Parlement pourrait ainsi devenir l’un des principaux théâtres de ce débat, au cas où une initiative formelle serait introduite.
Dans ce contexte, la session ordinaire de mars 2026 s’annonce comme l’une des plus attendues de l’année politique en RDC. Entre les dossiers législatifs en attente, les enjeux sécuritaires et diplomatiques, ainsi que les débats institutionnels, les députés auront à se prononcer sur des questions susceptibles d’influencer l’orientation politique du pays dans les mois à venir. Les dispositions protocolaires liées à la cérémonie d’ouverture du 16 mars devraient être communiquées ultérieurement par le Bureau de l’Assemblée nationale.