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Justice : la famille Lumumba réclame avant tout la reconnaissance d’un crime colonial historique dans le procès Davignon à Bruxelles

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Patrice Lumumba [photo d'illustration]
Patrice Lumumba [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

La décision de la justice belge de renvoyer en procès l’ancien diplomate Étienne Davignon a suscité une forte réaction au sein de la famille de Patrice Lumumba, qui y voit avant tout une avancée symbolique dans sa quête de reconnaissance historique.

Réunis à Bruxelles aux côtés de leurs avocats et de représentants d’organisations de défense des droits humains, les proches de Lumumba ont tenu à préciser le sens de leur démarche judiciaire. Ils ont expliqué que leur combat ne visait pas prioritairement une compensation matérielle, mais plutôt l’établissement d’une vérité judiciaire capable de faire jurisprudence sur les crimes commis durant la période coloniale.

Les membres de la famille ont insisté sur la nécessité de faire reconnaître l’injustice subie par l’ancien Premier ministre congolais. Ils ont fait savoir que leur objectif était d’obtenir une reconnaissance officielle du caractère injuste et criminel des actes posés à son encontre, estimant que cette étape était essentielle pour restaurer sa mémoire.

Dans leurs déclarations, les proches de Lumumba ont également souligné l’impact profond de son assassinat. Ils ont laissé entendre que cet événement ne s’était pas limité à une tragédie individuelle, mais qu’il avait bouleversé toute une famille et influencé durablement la trajectoire d’un pays. Ils ont rappelé qu’au-delà de sa figure politique, il était aussi un père dont la disparition a laissé un vide considérable.

La famille a en outre évoqué les conséquences persistantes de cet acte, affirmant que, plusieurs décennies après les faits, les répercussions continuent d’affecter ses membres. Elle a estimé que cette douleur transmise à travers les générations témoignait de la gravité des faits et de l’importance d’une reconnaissance judiciaire.

Dans cette perspective, les proches de Lumumba ont exprimé l’espoir que le procès à venir puisse contribuer à réparer une partie des préjudices subis. Ils ont indiqué croire qu’une décision de justice pourrait apaiser certaines blessures, tant sur le plan familial que dans la mémoire collective congolaise.

Par ailleurs, les membres de la famille constitués parties civiles ont défendu l’idée qu’il n’était pas trop tard pour juger ce qu’ils qualifient d’entreprise criminelle d’État. Ils ont plaidé pour l’ouverture d’un débat public autour de ce crime colonial, afin de mieux en comprendre les responsabilités et les implications historiques.

Du côté du parquet fédéral belge, plusieurs accusations ont été retenues contre Étienne Davignon. Il lui est reproché d’avoir participé à la détention et au transfert illégaux d’un prisonnier de guerre, d’avoir contribué à le priver de son droit à un procès équitable, ainsi que de l’avoir soumis à des traitements humiliants et dégradants. Toutefois, l’intention de donner la mort n’a pas été retenue dans les charges.

Selon les éléments de la procédure, Étienne Davignon apparaît aujourd’hui comme le dernier survivant parmi les onze ressortissants belges visés par une plainte pour crimes de guerre introduite en 2011 par les enfants de Lumumba. À l’issue d’une instruction judiciaire ayant duré plus d’une décennie, il a été décidé qu’il comparaisse devant le tribunal correctionnel.

Enfin, la famille Lumumba a réaffirmé son attachement à une reconnaissance claire des responsabilités belges dans cette affaire. Elle a estimé que seule une telle reconnaissance permettrait de rendre pleinement justice à la mémoire de Patrice Lumumba et de contribuer à une lecture plus juste de l’histoire.

Mardi 17 mars 2026 - 19:28