Par Serge Mavungu
Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a annoncé, dans un communiqué parvenu à opinion-info.cd, ce samedi 02 mai 2026, que les recettes intérieures mobilisées au cours du mois d’avril 2026 ont atteint 4 754,8 milliards de francs congolais (CDF), soit 103 % des prévisions mensuelles fixées à 4 635,2 milliards CDF.
Ces performances traduisent une progression significative par rapport au mois d’avril 2025, où les recettes s’élevaient à 4 043,4 milliards CDF. En glissement annuel, il se dégage ainsi une hausse de 18 % en monnaie nationale et de 38 % en dollars américains, confirmant une dynamique soutenue de mobilisation des ressources internes.
Dans le détail, la répartition des recettes révèle une contribution dominante de la Direction générale des impôts (DGI), qui a mobilisé 3 538,4 milliards CDF, soit 101 % de ses assignations. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) a, pour sa part, réalisé 663,0 milliards CDF, correspondant à 108 % de ses prévisions, tandis que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a atteint 553,3 milliards CDF, soit 104 % de ses objectifs.
Selon le communiqué, cette performance est portée par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels. Au niveau de la DGDA, l’accroissement des recettes est notamment attribué aux revenus additionnels issus de la fiscalité pétrolière, consécutifs à l’exclusion des sociétés minières du mécanisme de subvention pétrolière.
Du côté de la DGRAD, les résultats sont liés à l’intensification des missions de contrôle sur le terrain, en particulier dans les secteurs de l’Environnement et du Développement durable, générant ainsi des retombées financières accrues.
S’agissant de la DGI, les recettes ont été dopées par d’importants paiements du solde de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) à l’échéance fiscale du 30 avril 2026. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre de deux réformes majeures mises en œuvre par le Gouvernement à travers le ministère des Finances.
La première concerne l’institutionnalisation du dialogue pré-déclaratif, introduit dans la loi de finances 2026. Ce mécanisme vise à renforcer la transparence entre les contribuables et l’administration fiscale en amont des déclarations, afin de limiter les risques de dissimulation d’informations, prévenir les contentieux fiscaux coûteux et améliorer le climat des affaires.
La seconde réforme porte sur la neutralité fiscale face aux fluctuations du taux de change, encadrée par l’arrêté ministériel n°029 du 31 mars 2026. Elle impose aux contribuables de déclarer leurs revenus et d’imputer leurs acomptes dans la même monnaie que celle utilisée pour leur comptabilité, tout en s’acquittant du solde en monnaie nationale, réduisant ainsi les distorsions liées aux variations de change.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a salué le civisme fiscal des opérateurs économiques, en particulier les grandes entreprises du secteur minier ayant pris part au dialogue pré-déclaratif. Il a également rendu hommage aux experts et cadres des régies financières pour les efforts fournis.
Enfin, le ministre Fwamba a exhorté l’ensemble des parties prenantes à maintenir cet élan afin de garantir au Gouvernement les ressources nécessaires à la mise en œuvre de son programme d’actions, aligné sur les engagements du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.