Par Prosper Buhuru
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a effectué, jeudi 30 avril 2026 à Kinshasa, une visite de travail à la Direction des grandes entreprises de la Direction générale des impôts (DGI), à l’occasion de la clôture de l’échéance fiscale d’avril 2026.
Au terme de cette mission, le constat est sans équivoque : la DGI a dépassé les assignations qui lui étaient fixées. Les recettes mobilisées s’élèvent à 3.538 milliards de francs congolais, contre des prévisions de 3.489 milliards, soit un taux de réalisation de 101,39 %. Une performance enregistrée dans un contexte économique pourtant marqué par une décélération de l’inflation, consécutive à une politique monétaire restrictive de la Banque centrale du Congo et à l’appréciation du franc congolais.
Face au risque d’érosion des recettes publiques lié à cette conjoncture, le Gouvernement, sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a déployé deux réformes structurantes. La première concerne l’institutionnalisation du dialogue pré-déclaratif, désormais encadré par la loi de finances 2026. Ce mécanisme permet un échange en amont entre l’administration fiscale et les entreprises, afin d’anticiper les incohérences déclaratives, réduire les contentieux et optimiser la mobilisation des recettes.
La seconde réforme introduit le principe de neutralité fiscale face aux fluctuations du taux de change. Encadrée par l’arrêté ministériel du 31 mars 2026, elle impose aux contribuables de déclarer leurs revenus dans la monnaie de leur comptabilité, tout en s’acquittant du solde en monnaie nationale. Cette mesure a permis de préserver environ 35 % des recettes susceptibles d’être affectées par les variations du taux de change.
Ces ajustements ont notamment permis à l’administration fiscale d’anticiper les crédits d’impôt envisagés par certaines entreprises et d’exiger des corrections avant dépôt des déclarations, sous peine de sanctions. Sans remettre en cause le système déclaratif, ils ont contribué à renforcer l’efficacité du recouvrement fiscal.
Au-delà de la DGI, l’ensemble des régies financières affiche également des résultats en dépassement. La DGDA, la DGI et la DGRAD ont mobilisé conjointement 4.754 milliards de francs congolais, pour des assignations de 4.635 milliards, soit un taux global de 102,58 %. Dans le détail, la DGDA a réalisé 107,96 %, la DGRAD 104,14 % et la DGI 101,39 %.
Saluant ces performances, le ministre des Finances a mis en avant le civisme fiscal des opérateurs économiques, en particulier les grandes entreprises, notamment du secteur minier, qui ont adhéré au dialogue pré-déclaratif. Il a également félicité les équipes techniques ayant assuré la mise en œuvre des réformes.
Pour Doudou Fwamba, ces résultats constituent un levier essentiel pour le financement des projets de développement inscrits dans la vision du chef de l’État. Ils traduisent, selon lui, l’efficacité d’une approche fondée sur l’anticipation, la coordination des politiques publiques et la sécurisation durable des recettes de l’État.