Par la Rédaction
Au cours d’une interview accordée à la RTNC, Christophe Bitasimwa, inspecteur général des finances chef de service, a détaillé la nouvelle feuille de route de l’institution. De la « patrouille financière » à la digitalisation des flux financiers de l’État, le chef de l’IGF assume un changement de cap : passer d’actions ponctuelles à une stratégie structurelle et durable.
« La stratégie de la patrouille financière a porté de grands fruits. Le chef de l’État a réformé l’IGF pour cela », a rappelé M. Bitasimwa mercredi à Kinshasa. « La patrouille est un terme emprunté à l’armée : c’est une action coup de poing pour arrêter l’hémorragie. Mais après, il faut des actions en profondeur pour endiguer un phénomène. C’est ce que nous faisons maintenant. »
Selon lui, l’Inspection générale des Finances « ne peut pas se limiter à la patrouille ». « On doit évoluer vers des systèmes plus structurels qui permettent un travail beaucoup plus en profondeur », a-t-il insisté. Si la patrouille a permis « des résultats ponctuels », l’IGF vise désormais « des résultats durables et permanents ».
Cap sur le contrôle systémique et en temps réel
Pour concrétiser cette inflexion, l’IGF lance un plan triennal de digitalisation, qualifié de « révolution » dans ses méthodes de travail. Ce plan doit permettre d’exercer un « contrôle systémique », a expliqué M. Bitasimwa.
Jusqu’ici, l’institution combinait des contrôles a priori, dits de « patrouille », et des contrôles a posteriori. « Nous avons évolué dans la stratégie. À l’issue de ce plan, nous exercerons un contrôle systémique », a-t-il précisé.
Il s’agit d’un « contrôle permanent, systématique, qui va couvrir d’un seul tenant l’ensemble du circuit financier de l’État ». « C’est un contrôle en temps réel, digital et proactif, qui nous permettra d’assurer une surveillance générale de tous les flux financiers publics », a-t-il ajouté.
L’objectif : « identifier en amont les dysfonctionnements, agir sur ces dysfonctionnements et maîtriser toutes les données qui circulent », pour des interventions « ciblées et plus efficaces qu’avant ».
Dématérialisation et interconnexion
Le plan stratégique repose sur la dématérialisation et la digitalisation de l’ensemble des processus de travail de l’IGF. Pour y parvenir, l’institution devra être connectée « à toutes les plateformes d’information sur les flux financiers de l’État existant dans le pays ».
« Et là où ces plateformes n’existent pas, l’IGF travaillera à ce que tous les acteurs se mettent au pas pour que la digitalisation soit complète », a assuré le chef de service.
Ce virage technologique vise à renforcer la traçabilité des deniers publics et la lutte contre les détournements, dans un contexte où la gouvernance financière demeure un enjeu majeur en RDC.