Breaking News

Réformes constitutionnelles en RDC : l’archevêque Ejiba Ya Mampia plaide pour un changement profond de la Constitution

Catégorie
Image
Archevêque Evariste EJIBA YA MAMPIA, représentant légal de l’Église de Réveil du Congo (ERC) et chef de file de la plate forme des Confessions religieuses
Archevêque Evariste EJIBA YA MAMPIA, représentant légal de l’Église de Réveil du Congo (ERC) et chef de file de la plate forme des Confessions religieuses

Par Don Benjamin Makolo

L’archevêque Ejiba Ya Mampia a pris la parole ce jeudi 30 avril 2026 dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, où il s’est exprimé sur les réflexions en cours autour des réformes constitutionnelles en République démocratique du Congo. Cette déclaration intervient à la suite d’une série de consultations menées avec différentes composantes socioreligieuses et civiles du pays.

Dans son intervention, le prélat a expliqué avoir engagé un processus de dialogue inclusif avec les confessions religieuses, les jeunes, les femmes leaders, ainsi que des représentants du mouvement de réveil et de la société civile, réunis notamment à l’hôtel du Fleuve Congo.

« Nous sommes en train de réfléchir sur les réformes constitutionnelles. Partant de là, j'ai commencé avec les chefs des confessions religieuses, j'ai parlé avec les jeunes et les femmes leaders des confessions religieuses, et maintenant j'avais ici à l'hôtel du Fleuve Congo les leaders du mouvement de réveil en République démocratique du Congo et une partie de la société civile. Avec eux, nous avons pu réfléchir à l'aide des exposés des professeurs, notamment le prof Banyaku et le prof Godé Mpoy », a-a-t-il déclaré. 

Selon lui, les échanges académiques ont mis en lumière des limites structurelles de la Constitution actuelle, notamment sur le plan de la gouvernance économique. Il rapporte les analyses des experts ayant pris part aux discussions.

« Ils nous ont montré l'impair là sur le plan économique comment la Constitution que nous avons ne peut pas permettre la solution de gouvernance de notre pays. Et le constitutionnaliste le prof Banyaku nous a expliqué que depuis que la République démocratique du Congo existe, il n'y a jamais eu de Constitution avec des articles verrouillés. Et encore, il nous a expliqué que l'origine, c'est une Constitution de belligérants qui avaient besoin de se protéger les uns les autres », a-t-il ajouté. 

L’archevêque affirme qu’un consensus s’est dégagé parmi les participants en faveur d’une refonte complète du texte fondamental plutôt qu’une simple révision progressive.

« Face à toutes ces réalités, tous les chefs de leaders, ceux de la société civile et du monde de réveil, le mouvement de réveil en République démocratique du Congo, unanimement, ils ont dit : "Nous avons besoin de voir cette Constitution être changée". Changée parce que l'origine c'était le belligérant, changée parce qu'elle a déjà été révisée une fois et donc nous ne voyons pas pourquoi aller de révision en révision, changée pourquoi parce que le peuple en ce temps-là n'a pas été consulté pour se prononcer et dire un mot sur sa propre Constitution. »

Dans la perspective de la suite du processus, une dynamique de coalition entre leaders religieux et acteurs de la société civile est envisagée afin de porter un message commun à la population.

« Voilà un peu ce qui a été l'objet et en conclusion, nous nous sommes entendus qu'on va voir une coalition et des leaders religieux et de la société civile. Toutes les confessions religieuses sont les bienvenues. Et dans cette synergie, ça nous permettra de parler de donner un message ecclésiastique à notre peuple en fonction de la loi fondamentale du pays. »

Enfin, l’archevêque a insisté sur la nécessité, selon lui, de redonner au peuple congolais la maîtrise de son destin constitutionnel.

« Le message pour nous, c'est de dire au peuple congolais qu'il est temps de prendre votre destinée en main et d'avoir la Constitution à laquelle vous-mêmes vous avez dit oui, à laquelle vous-mêmes vous vous êtes impliqués. Donc, on ne peut pas vouloir garder une Constitution qui n'avait que pour besoin résoudre la crise des guerres de belligérants de l'époque, et qu'aujourd'hui nous avons besoin d'une Constitution de développement. »

Réagissant aux critiques politiques possibles, il appelle au débat démocratique sans tension excessive.

« Ça ne sera pas l'hécatombe parce que le peuple se prononcera en toute liberté. Aux politiques, nous leur disons : "Il ne faut pas agiter le peuple, donnez de vos idées si vous êtes contre le changement de la Constitution, c'est votre droit". Mais là, vous subirez la loi de la majorité parce que la majorité vous étiez vous-mêmes dans la salle. »

Cette sortie médiatique relance ainsi le débat sur l’opportunité d’une nouvelle Constitution en RDC, dans un contexte politique déjà sensible autour des réformes institutionnelles.

Vendredi 1 mai 2026 - 07:26