Par Gloire Balolage
L’opposant congolais André Claudel Lubaya a vivement réagi aux événements survenus lors du sit-in organisé devant le Parlement le 12 juin dernier à Kinshasa. Dans une publication sur son compte X ce mardi 16 juin, il estime que cette manifestation pacifique marque « un tournant majeur dans la dégradation de la vie politique » en République démocratique du Congo. Selon lui, des citoyens venus exprimer leur opposition au projet de loi référendaire relatif à un changement de la Constitution ont été confrontés à une répression qu’il qualifie de brutale.
Dans son message, l’opposant affirme que les manifestants exerçaient un droit garanti par la Constitution lorsqu’ils se sont mobilisés contre ce projet. Il déplore toutefois que leur démarche ait été accueillie par l’usage de gaz lacrymogènes, des arrestations, des tirs ainsi que, selon ses propos, l’implication de groupes politiques favorables au pouvoir. Pour André Claudel Lubaya, cette réaction traduit l’incapacité des autorités à convaincre l’opinion publique par le débat.
L’ancien député soutient que le recours à la force constituerait un aveu d’échec politique. Selon lui, faute d’obtenir une adhésion populaire suffisante à son projet, le pouvoir privilégierait désormais l’intimidation, la pression et d’autres mécanismes destinés à imposer le changement de la Constitution. Il considère cette évolution comme préoccupante pour l’avenir démocratique du pays.
André Claudel Lubaya revient également sur les images ayant circulé après la manifestation. Il évoque notamment des scènes montrant, selon lui, des policiers agissant aux côtés des « Forces du Progrès » lors des opérations de dispersion des manifestants et des attaques visant certains sièges de partis politiques de l’opposition. Pour l’opposant, ces faits révèlent une dérive qui s’éloigne des principes de pluralisme démocratique et de l’État de droit.
Dans son analyse, il établit un parallèle entre les événements de Kinshasa et la situation sécuritaire qui prévaut dans plusieurs régions de l’Est du pays. Il s’interroge sur la valeur accordée à la vie humaine lorsque, selon lui, des manifestants pacifiques peuvent être réprimés aux abords mêmes des institutions nationales. Cette situation, estime-t-il, reflète une indifférence plus large face aux différentes tragédies que connaît la RDC depuis plusieurs années.
L’opposant affirme par ailleurs que les événements du 12 juin permettraient de mieux comprendre les motivations réelles du projet de changement de la Constitution. À ses yeux, cette initiative ne viserait ni la modernisation des institutions ni l’amélioration de la gouvernance. Il soutient plutôt qu’elle aurait pour objectif de permettre au président Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir au-delà des limites actuellement prévues par la Constitution.
À l’approche de l’échéance électorale de 2028, André Claudel Lubaya estime que la logique du passage en force prend progressivement le pas sur celle du débat démocratique. Il considère que cette orientation pourrait exposer le pays à une crise politique durable. Selon lui, le chef de l’État serait confronté à une contestation croissante et chercherait à préserver son avenir politique à travers une réforme constitutionnelle contestée.
En conclusion, André Claudel Lubaya appelle au respect de la Constitution, à l’alternance démocratique et à l’ouverture d’un dialogue national. Il rappelle que, selon lui, l’histoire de plusieurs pays africains montre que les modifications constitutionnelles destinées à prolonger les mandats présidentiels ont souvent été suivies par des tensions politiques et un affaiblissement des institutions. Pour l’opposant, la République démocratique du Congo devrait éviter cette voie et privilégier le respect des règles démocratiques ainsi que le verdict des urnes.