Par Gloire Balolage
Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue de mobiliser l’opposition congolaise. En tournée en Europe, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président de l’ADD-Congo, a réaffirmé son opposition à toute initiative visant, selon lui, à permettre un nouveau mandat au président Félix Tshisekedi. Invité au podcast de la journaliste belge Samantha Ramsamy, il a notamment insisté sur la nécessité d’une mobilisation populaire pour faire obstacle à ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
Depuis Bruxelles, où il mène une campagne de sensibilisation auprès de la diaspora congolaise et de la communauté internationale, Prince Epenge affirme que l’opposition entend maintenir la pression sur la question constitutionnelle. Il conteste également la loi sur le référendum, estimant qu’elle viole la Constitution et ne devrait donc pas être appliquée. Pour lui, la mobilisation engagée vise à traduire le rejet de cette loi par le peuple congolais.
Dans cette perspective, le porte-parole de Lamuka fixe une échéance au 15 août. Il affirme que les forces regroupées au sein de la C64 attendent, d’ici cette date, « un geste d’apaisement » de la part de Félix Tshisekedi, notamment la renonciation au projet de changement de la Constitution. Cette date constitue ainsi, selon ses propos, un moment important pour évaluer l’évolution de la situation et déterminer la suite à donner à la mobilisation.
Prince Epenge annonce que la C64 se réunira à l’approche ou à l’issue de cette échéance afin d’évaluer les éventuels signaux d’apaisement venant du pouvoir. Il explique que cette rencontre devra permettre aux différentes forces engagées dans cette démarche de décider d’un nouveau cap. L’opposant ne précise toutefois pas, dans ses déclarations, la forme exacte que prendra cette nouvelle étape, laissant cette décision à l’évaluation qui sera faite au sein de la C64.
La question du dialogue occupe une place centrale dans son intervention. Prince Epenge dit ne pas croire au dialogue proposé par Félix Tshisekedi et pose la convocation effective de celui-ci comme l’un des éléments permettant d’apprécier la situation au 15 août. Selon lui, si le dialogue n’est pas convoqué et si le président ne renonce pas à sa volonté de changer la Constitution, l’opposition devra envisager une nouvelle phase de sa mobilisation.
C’est dans ce contexte que l’opposant évoque ouvertement la possibilité de manifestations.
« D’ici le 15, si le dialogue n’est pas convoqué, s’il ne renonce pas à la volonté de changer la Constitution, nous serons obligés de descendre dans la rue », a-t-il déclaré.
Cette position traduit la volonté affichée par Prince Epenge de faire de l’échéance du 15 août un point de bascule entre la poursuite des démarches politiques et une mobilisation populaire dans la rue.
À quelques jours de cette date, le bras de fer autour de la Constitution reste donc marqué par deux attentes exprimées par Prince Epenge : voir Félix Tshisekedi renoncer au changement constitutionnel et voir le dialogue être convoqué. À défaut de ces « signaux forts d’apaisement », le porte-parole de Lamuka affirme que la C64 devra définir un nouveau cap et que la mobilisation pourrait alors prendre la forme de manifestations.