Par Denise Kyalwahi
À l’occasion de la Journée de l’Enfant africain célébrée ce 16 juin, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a organisé plusieurs activités humanitaires et de sensibilisation en faveur des enfants en conflit avec la loi, des enfants vivant avec leurs mères en détention ainsi que des femmes détenues dans les villes de Beni, au Nord-Kivu, et Bunia, en Ituri.
À Beni, les équipes de l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire de la MONUSCO, accompagnées des Casques bleus malawites, indonésiens, kenyans, népalais et tanzaniens, ont effectué une visite à la prison urbaine et à l’Établissement de garde pour enfants. À cette occasion, elles ont remis des vivres et plusieurs produits de première nécessité, notamment du lait en poudre, du savon, des kits d’hygiène et divers articles destinés aux nourrissons vivant avec leurs mères en détention.
Cette assistance visait à améliorer les conditions de vie des bénéficiaires, particulièrement des femmes détenues accompagnées d’enfants âgés de moins de trois ans. Des produits d’hygiène ont également été distribués afin de renforcer les mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola.
Le directeur de l’Établissement de garde pour enfants de Beni, Sefu Kambale Kyalire, a salué cette intervention de la MONUSCO qu’il considère comme un soutien arrivé à un moment critique.
« Nos partenaires de la MONUSCO sont venus en aide aux enfants en conflit avec la loi placés dans notre établissement. Ils ont apporté des vivres et des produits non alimentaires alors que nos réserves étaient presque épuisées », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs lancé un appel aux autres partenaires, organisations locales et personnes de bonne volonté afin qu’ils suivent cet exemple de solidarité.
Outre l’assistance matérielle, les équipes de la MONUSCO ont sensibilisé près de 69 enfants ainsi qu’une vingtaine de femmes sur leurs droits et devoirs, avec un accent particulier sur la protection des enfants en milieu carcéral.
Dans le même cadre, les Casques bleus du Malawi ont procédé à une opération d’assainissement des installations sanitaires de la prison, notamment par la vidange et le nettoyage des fosses septiques qui débordaient. Cette intervention a permis de réduire les risques sanitaires aussi bien pour les détenus que pour les communautés environnantes.
À Bunia, l’Unité d’appui à la justice de la MONUSCO, en partenariat avec l’administration pénitentiaire et l’ONG ASSOCITURI, a organisé une séance de sensibilisation destinée aux mineurs détenus à la prison centrale. Les échanges ont porté sur les droits des enfants, l’hygiène et les mesures de prévention contre les maladies, notamment Ebola.
Le quartier pour mineurs de cette prison compte actuellement 36 enfants, tous des garçons.
Placée sous le thème « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement pour chaque enfant en Afrique, y compris les enfants en conflit avec la loi », cette célébration a débuté par des gestes symboliques de prévention sanitaire, notamment la désinfection des mains et l’affichage de messages de sensibilisation en Kiswahili.
Les enfants ont également participé activement aux activités commémoratives à travers des représentations théâtrales, des quiz et un concours de danse, dans une ambiance marquée par l’enthousiasme et l’engagement. Les enfants vivant avec leurs mères en détention ont eux aussi pris part à cette journée.
Pour les organisateurs, cette célébration constitue un rappel important sur la nécessité de garantir les droits fondamentaux de tous les enfants, sans distinction, y compris ceux vivant dans des situations de grande vulnérabilité.
Instituée en 1991 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), la Journée de l’Enfant africain commémore les événements tragiques du 16 juin 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, où des centaines d’enfants avaient perdu la vie lors des manifestations contre le régime de l’apartheid.
À travers ces actions menées à Beni et Bunia, la MONUSCO réaffirme son engagement à accompagner les autorités congolaises dans la protection et la promotion des droits des enfants, particulièrement ceux confrontés à des conditions de vie difficiles.