Par la Rédaction
Le Consortium PACOFEDI & REFAM-TP a lancé un cri d’alarme concernant la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, en province du Nord-Kivu. L’organisation appelle l’attention des autorités compétentes, des acteurs humanitaires, des organisations de protection ainsi que des partenaires techniques et financiers sur une situation jugée préoccupante dans plusieurs localités de ces zones.
Selon le communiqué, ces informations ont été recueillies et relayées par les points focaux communautaires du consortium, les femmes médiatrices ainsi que d’autres acteurs engagés dans les mécanismes locaux d’alerte précoce et de prévention des conflits. Ces acteurs de terrain rapportent une détérioration progressive du climat sécuritaire et humanitaire dans les deux territoires concernés.
Dans le territoire de Nyiragongo, les communautés riveraines du Parc national des Virunga signalent des tensions et incidents dans les zones environnant le parc. D’après les témoignages recueillis auprès des populations locales, certains de ces événements impliqueraient des éco-gardes, des exploitants de charbon de bois ainsi que divers groupes armés actifs dans la région. Ces faits, bien que nécessitant des vérifications approfondies, suscitent de vives inquiétudes au sein des communautés.
Les habitants font également état du déplacement inhabituel de certains animaux sauvages hors de leur habitat naturel vers des zones habitées et agricoles. Les buffles figurent parmi les espèces les plus fréquemment signalées. Ces incursions ont touché plusieurs villages du groupement de Kibumba, notamment Kingarame, Kabimbi, Rutovu, Kiroge et Kibinga, où des champs auraient subi d’importants dégâts, affectant les récoltes et fragilisant davantage les ménages dépendant de l’agriculture.
Dans le territoire de Rutshuru, la situation sécuritaire est également marquée par une recrudescence d’incidents touchant directement les populations civiles. À Kantundwe, dans le groupement de Busanza, un corps sans vie d’un homme aurait été retrouvé le 9 juin 2026 dans des champs, avant d’être récupéré par les équipes de la Croix-Rouge. La victime présentait des signes de strangulation, et les circonstances exactes du décès restent non élucidées.
Toujours à Rutshuru, dans la localité de Bunyangula, des habitants rapportent qu’un groupe d’hommes armés aurait tenté d’accéder à une habitation dans la nuit du 10 juin 2026. Bien que l’accès n’ait pas abouti, plusieurs détonations d’armes à feu ont été entendues, provoquant une forte psychose au sein de la population locale.
Dans le village de Bunyenzi, localité de Kashwa, un autre incident aurait conduit à la mort d’un homme à l’arme blanche durant la nuit du 9 au 10 juin 2026.
Ces événements s’inscrivent, selon les sources communautaires, dans un contexte d’insécurité persistante qui continue de menacer la protection des civils dans plusieurs zones du territoire.
Par ailleurs, le Consortium PACOFEDI & REFAM-TP fait état de vols répétés de bétail, notamment de bovins, dans plusieurs villages de la chefferie de Bwisha.
L’organisation signale également des cas d’enlèvements de civils dans les champs, ainsi que la persistance de conflits fonciers liés à l’occupation et à l’accaparement présumés de terres. Face à cette situation, le consortium appelle à une mobilisation urgente des autorités et des partenaires afin de renforcer la protection des populations et d’éviter une aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire dans la région.