Par Gloire Balolage
Le sénateur congolais, Kalonda Della Idi Salomon, a adressé une lettre ouverte au président de la République pour exprimer de vives inquiétudes au sujet d’une proposition de loi relative aux conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo, dans un contexte politique déjà marqué par de profonds débats institutionnels au sein du Parlement.
Dans cette correspondance, l’élu estime que l’initiative visant à encadrer un éventuel changement constitutionnel intervient dans un moment qu’il juge particulièrement inopportun, alors que le pays fait face à des crises sécuritaires et humanitaires persistantes. Selon lui, cette démarche dépasse le simple cadre politique et pourrait constituer une faute historique aux conséquences durables.
Le sénateur rappelle également que la Constitution du 18 février 2006, issue du processus de Sun City après des années de conflit, représente un compromis fondamental destiné à garantir l’alternance démocratique et à éviter le retour à des dérives autoritaires. Toute tentative de modification profonde de ce texte est, selon sa lettre, perçue comme une remise en cause du pacte républicain et de l’unité nationale.
L’auteur de la lettre va plus loin en interprétant cette initiative comme pouvant ouvrir la voie à une ambition de prolongation du pouvoir, évoquant notamment la question d’un éventuel troisième mandat. Il estime que dans le contexte actuel de fragilité institutionnelle, une telle démarche risquerait d’aggraver les tensions politiques et de fragiliser davantage la cohésion nationale.
Sur le plan sécuritaire, le sénateur souligne que l’État congolais reste confronté à une situation difficile dans l’Est du pays, où il estime que l’autorité de l’État demeure contestée dans certaines zones. Il considère qu’un projet de référendum dans un tel contexte pourrait accentuer les divisions internes plutôt que renforcer la stabilité.
La lettre revient également sur les récentes manifestations ayant accompagné ce débat politique, évoquant des journées de mobilisation citoyenne et des protestations ayant, selon lui, donné lieu à une répression ayant causé des victimes parmi les civils. Ces événements sont présentés comme un signal de désapprobation populaire face au projet en discussion.
Enfin, le sénateur appelle le président et les institutions concernées, notamment le Sénat, à reconsidérer cette initiative afin d’éviter une crise institutionnelle majeure. Il invoque la mémoire de figures historiques telles que Patrice Lumumba, Joseph Kasa-Vubu et Étienne Tshisekedi, ainsi que celle de victimes de violences politiques comme Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala, pour exhorter à privilégier la stabilité du pays et à préserver l’héritage démocratique issu de 2006.