Par la Rédaction
La question des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) pourrait connaître une nouvelle évolution dans le cadre de la dynamique de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Interrogé ce lundi 10 août 2026 sur RFI, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, estime que la démobilisation du mouvement devrait faire disparaître le prétexte de la menace sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier ses interventions militaires en RDC.
Selon le ministre congolais, les dirigeants politiques et militaires des FDLR ont adhéré au protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement signé à la fin du mois de juillet 2026. Il affirme que les deux branches du mouvement ont validé les principes contenus dans cet accord et que le signataire officiel du protocole agit au nom de l’ensemble des FDLR. Le processus prévoit notamment une participation des combattants à travers des opérations de sensibilisation en vue de leur désarmement, de leur démobilisation et de leur cantonnement.
Floribert Anzuluni considère cette adhésion comme un tournant dans le traitement de la question des FDLR. Pour Kinshasa, leur démobilisation est appelée à lever l’un des principaux arguments sécuritaires avancés par Kigali pour justifier son soutien au groupe armé AFC/M23 et son intervention en territoire congolais. Le ministre évoque également, dans ce contexte, l’occupation de portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les violations des droits humains ainsi que le pillage des ressources naturelles congolaises, notamment le coltan.
La mise en œuvre de l’accord reste toutefois à organiser concrètement. Le ministre de l’Intégration régionale indique qu’une proposition de plan d’opérationnalisation, un chronogramme ainsi qu’un budget ont déjà été élaborés. Leur validation est encore en cours. Les autorités congolaises doivent également préciser plusieurs paramètres, notamment le calendrier d’exécution, le nombre exact de combattants concernés et les modalités d’identification avant leur cantonnement.
La question du devenir des combattants qui ne souhaiteraient pas retourner au Rwanda fait également partie des dispositions envisagées. Floribert Anzuluni affirme qu’un État africain a déjà donné son accord de principe pour accueillir ceux qui refuseraient ce retour, sans révéler son identité. Le dispositif prévoit ainsi que les combattants favorables au retour puissent regagner le Rwanda, tandis que ceux qui ne le souhaitent pas pourraient être relocalisés dans un ou plusieurs pays. Pour Kinshasa, cette alternative doit contribuer à empêcher que la présence des FDLR en RDC continue d’être utilisée comme justification politique ou sécuritaire.
Cette évolution intervient alors que la dynamique diplomatique entre Kinshasa et Kigali s’inscrit dans un processus plus large de recherche de paix. Le ministre congolais estime que le protocole conclu avec les FDLR offre une opportunité de régler durablement cette question. À cette dynamique s’est ajoutée récemment la remise de quinze détenus par le gouvernement congolais à l’AFC/M23, dans le cadre du mécanisme de libération des prisonniers prévu par le processus de Doha. Ces détenus ont ensuite été présentés sur différentes plateformes numériques de cette force soutenue par le Rwanda.
Le Qatar, qui assure la médiation du processus de Doha, a salué cette opération, la présentant comme une étape importante pour renforcer la confiance entre les parties. Les États-Unis ont également qualifié cette première mesure de signal encourageant pour la poursuite du processus de paix. Le processus de Doha vise ainsi à favoriser un règlement durable de la crise dans l’est de la RDC à travers plusieurs protocoles consacrés notamment aux questions sécuritaires et humanitaires, au rétablissement de l’autorité de l’État et aux mesures de confiance entre les parties.