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RDC : Judith Suminwa revendique une diplomatie plus offensive pour défendre les intérêts du pays

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La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement de la RDC, Judith Suminwa
La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement de la RDC, Judith Suminwa

Par Serge Mavungu

La République démocratique du Congo entend renforcer son rôle sur la scène internationale en s’appuyant sur une diplomatie plus active, davantage orientée vers la défense de ses intérêts stratégiques. C’est le message porté par la Première ministre Judith Suminwa dans son intervention consacrée à la politique étrangère et au positionnement international de la RDC.

La cheffe du gouvernement a notamment mis en avant le retour de la RDC au premier plan des instances internationales, avec son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027 et l’exercice de la présidence de cet organe au mois de juillet 2026.

Selon Judith Suminwa, cette responsabilité traduit le repositionnement diplomatique de la RDC et sa volonté de participer directement aux décisions internationales relatives à la paix et à la sécurité.

La Première ministre a rappelé les deux débats de haut niveau présidés par la RDC au Conseil de sécurité au cours du mois de juillet. Le premier, tenu le 8 juillet, était consacré au respect du droit international envers les survivants des violences sexuelles liées aux conflits.

Le second, organisé le 22 juillet, portait sur la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. À cette occasion, la RDC a notamment mis en avant le lien entre le pillage transfrontalier des ressources naturelles, le financement des groupes armés et l’instabilité dans la région des Grands Lacs.

Judith Suminwa a également évoqué les résolutions adoptées sous la présidence congolaise du Conseil de sécurité, dont celles relatives à la sécurité maritime en mer Rouge et au régime de sanctions en Afrique, ainsi que la prolongation du régime de sanctions contre les groupes armés dans la région des Grands Lacs.

Sur le plan sécuritaire, la cheffe du gouvernement a défendu une diplomatie de souveraineté face aux agressions qui frappent l’est du pays.

« Aucune négociation de paix ne se fera au détriment de notre intégrité territoriale », a-t-elle affirmé, estimant qu’une solution durable devait notamment passer par le renforcement des capacités nationales de défense et par une justice internationale ferme contre le pillage des ressources naturelles.

Pour Judith Suminwa, la diplomatie ne peut toutefois se substituer à la puissance intérieure du pays.

« La diplomatie n’est que le prolongement de notre puissance intérieure. En aucun cas, elle ne s’y substitue », a-t-elle déclaré.

La Première ministre a également insisté sur la diplomatie d’influence, considérée comme un autre levier stratégique de la politique étrangère congolaise. La culture, le sport, les sciences et l’éducation constituent, selon elle, des instruments de soft power permettant à la RDC de renforcer son attractivité et son influence.

L’inscription de la rumba congolaise au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, les performances des artistes et des sportifs congolais ainsi que la promotion du leadership féminin ont été présentées comme des illustrations de cette diplomatie d’influence.

Pour la cheffe du gouvernement, la RDC doit ainsi s’affirmer comme un acteur majeur de la scène internationale, capable non seulement de défendre ses intérêts, mais également de contribuer à l’élaboration des normes et à la recherche de solutions aux crises qui touchent le continent.

Cette vision s’inscrit dans une ambition plus large : faire de la République démocratique du Congo un acteur géopolitique incontournable en Afrique centrale et un porte-voix des aspirations africaines en matière de paix, de sécurité et de justice internationale.

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Lundi 10 août 2026 - 18:21