Par Gloire Balolage
Le projet de référendum suscite de nouvelles réserves au sein de la société civile en République démocratique du Congo. À Kinshasa, ce lundi 10 août 2026, plusieurs organisations ont demandé au président de la République, Félix Tshisekedi, de ne pas promulguer la loi fixant les conditions d’organisation du référendum.
Dans un mémorandum lu devant la presse, elles estiment que la situation actuelle du pays ne se prête pas à l’ouverture d’un débat constitutionnel. Elles jugent que les priorités doivent plutôt être orientées vers la restauration de la paix, la protection des populations ainsi que la réponse aux différentes crises auxquelles la RDC est confrontée. La crise humanitaire et la situation économique figurent également parmi les préoccupations qu’elles considèrent comme prioritaires.
Dans leur mémorandum, les signataires demandent ainsi au chef de l’État de privilégier ce qu’ils présentent comme l’intérêt supérieur de la Nation. La proposition de loi a été adoptée par le Parlement avant d’être soumise au contrôle de la Cour constitutionnelle. Dans son arrêt rendu le 28 juillet 2026, la Haute Cour l’a déclarée conforme à la Constitution, tout en formulant une réserve d’interprétation concernant plusieurs de ses dispositions.
La société civile propose, dans cette perspective, la mise en place d’un dialogue national qu’elle souhaite véritablement inclusif et organisé dans un cadre transparent. L’objectif serait d’aborder les principaux défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. Les organisations signataires estiment que les questions liées à la paix, à la protection des populations, aux crises humanitaire et économique ainsi qu’à la préparation d’élections crédibles doivent retenir l’attention.
Les organisations signataires expriment également leurs craintes quant aux conséquences politiques que pourrait avoir la promulgation de cette loi. Selon elles, cette décision risquerait d’accentuer les tensions dans le pays et de fragiliser davantage les institutions. Elles considèrent, dans le même temps, qu’aucune des priorités qu’elles mettent en avant ne nécessite une modification ou une révision de la Constitution. « Aucune de ces priorités ne nécessite une modification ou une révision de la Constitution », soutiennent-elles.