Par Prosper Buhuru
Le gouvernement congolais rejette et déclare nulles les prétendues nominations opérées le 7 août 2026, par l’AFC/M23, au sein des comités de gestion de plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans un communiqué officiel rendu public, ce lundi 10 août, par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, le gouvernement qualifie ces actes d’« ingérence grave et inacceptable » dans l’organisation et le fonctionnement d’un service public relevant de l’autorité de l’État.
Les établissements concernés sont notamment l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC/Goma), l’Institut supérieur des techniques médicales de Goma (ISTM/Goma), l’Institut supérieur des techniques appliquées de Goma (ISTA/Goma), l’Institut supérieur pédagogique de Goma (ISP/Goma), ainsi que plusieurs établissements de Bukavu, dont l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’ISDR, l’ISAM et l’Université officielle de Bukavu.
Le ministère rappelle que ces nouvelles initiatives interviennent après des faits similaires signalés le 25 juin 2025 à l’ISTM/Bukavu et le 29 mai à l’Université de Goma.
Dans son communiqué signé par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, Prof. Dr Marie-Thérèse Sombo, le gouvernement affirme qu’aucune autorité de fait, aucun mouvement armé ni aucune structure dépourvue de légitimité constitutionnelle ne peut se substituer aux institutions légalement établies de la République.
En conséquence, les nominations annoncées le 7 août sont déclarées « nulles et dépourvues de tout effet juridique ou administratif ». Le gouvernement précise également que les comités de gestion régulièrement investis restent en fonction et conservent l’intégralité de leurs prérogatives.
Le ministère avertit par ailleurs toute personne qui tenterait de mettre en œuvre ces nominations ou d’y apporter son concours qu’elle s’exposerait aux sanctions prévues par les lois de la République, en référence notamment à un précédent communiqué ministériel publié le 4 juin 2026.
Le gouvernement insiste également sur un principe qu’il considère comme fondamental dans le contexte actuel : l’occupation temporaire d’une partie du territoire national ne confère ni souveraineté, ni compétence administrative, ni autorité institutionnelle, ni pouvoir de nomination.
Malgré les contraintes liées à la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le ministère affirme vouloir préserver les droits des étudiants, des enseignants, des chercheurs ainsi que des personnels académiques, scientifiques, administratifs, techniques et ouvriers.
Il appelle ainsi l’ensemble de la communauté universitaire, particulièrement celle présente dans les zones occupées, à rester attachée aux institutions de la République et à faire preuve de vigilance et de résilience.
Kinshasa assure enfin demeurer mobilisée pour garantir l’intégrité, la neutralité et la continuité du service public de l’Enseignement supérieur et universitaire sur l’ensemble du territoire national. Le ministère annonce que des mesures légales pourront être prises, en coordination avec les institutions compétentes, afin de préserver le fonctionnement régulier des établissements concernés.