Par la Rédaction
Les sanctions prises par les États-Unis contre Joseph Kabila marquent un tournant dans la gestion de la crise sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo. Washington reproche à l’ancien chef de l’État son implication présumée dans la déstabilisation de cette partie du pays, en proie à des violences persistantes.
Réagissant à cette décision, Jacquemain Shabani a, dans une interview accordée à nos confrères de Actualite.cd, estimé que ces sanctions constituent une suite logique pour toute personne entravant les efforts de paix en cours. Il a laissé entendre que les mesures américaines s’inscrivent dans une dynamique de pression visant à faire respecter les engagements internationaux.
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur a soutenu que l’ancien Président ne serait pas seulement impliqué dans la crise sécuritaire, mais qu’il est également l’un des principaux instigateurs. Selon lui, les accusations portées à son encontre dépassent la simple participation et relèvent d’un rôle central dans la conception et l’initiation des actions de déstabilisation.
Dans son analyse, Jacquemain Shabani a fait savoir que ces sanctions interviennent dans un contexte où les États-Unis sont fortement engagés dans le processus de paix. Il a expliqué que toute tentative de sabotage de ce processus justifie des mesures de pression contre les acteurs jugés réfractaires aux engagements pris, notamment ceux conclus à Washington.
Par ailleurs, il a indiqué que Joseph Kabila figurerait parmi les personnalités compliquant la mise en œuvre du plan de paix porté par les autorités congolaises. Il a également évoqué des déclarations du Président rwandais Paul Kagame, qui aurait publiquement pointé une responsabilité partagée, renforçant ainsi la thèse défendue par Kinshasa.
Dans le même temps, le Gouvernement congolais affirme rester engagé dans les discussions avec les groupes armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars, ainsi que dans les accords conclus avec le Rwanda. Les autorités disent poursuivre l’objectif d’une paix durable, malgré les difficultés et les lenteurs observées dans l’évolution du processus.
Le Trésor américain, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a décidé de sanctionner Joseph Kabila pour son rôle présumé dans le soutien à l’Alliance Fleuve Congo et au mouvement du 23 mars (M23), en vertu de décrets exécutifs américains encadrant ce type de mesures. Selon le communiqué officiel, ces sanctions interviennent dans un contexte marqué par la résurgence de ces groupes armés, l’ancien chef de l’État étant soupçonné d’être revenu en République démocratique du Congo avec l’intention de déstabiliser les institutions en apportant un appui direct à ces mouvements.
Les autorités américaines affirment également que Joseph Kabila aurait contribué financièrement à l’Alliance Fleuve Congo afin d’influencer la situation sécuritaire et politique dans l’est du pays. Il lui est aussi reproché d’avoir encouragé des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) à déserter pour rejoindre ce mouvement, ainsi que d’avoir tenté, sans succès, de lancer des attaques depuis l’étranger.
Enfin, le Trésor évoque des manœuvres visant à soutenir un candidat opposé au pouvoir en place pour renforcer son influence politique, ce qui a conduit à sa désignation pour avoir apporté un soutien matériel, financier ou logistique au M23 et à l’AFC.