Par Gloire Balolage
L’ancien chef de l’État Joseph Kabila a vivement critiqué toute initiative de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, estimant que la loi fondamentale est déjà « ignorée » depuis plusieurs années. Selon lui, parler de modification de la Constitution dans le contexte actuel relève d’une incohérence, évoquant plutôt un projet déguisé d’adoption d’un nouveau texte, qu’il qualifie de « dangereux, extrêmement dangereux ».
Dans une interview accordée au média belge, La Libre, depuis la ville de Goma où il séjourne, l’ancien chef de l’État a développé une lecture critique de la situation institutionnelle à Kinshasa. Il affirme que la Constitution en vigueur n’est plus respectée depuis 2019, remettant en cause la légitimité de toute démarche visant à la réviser. À ses yeux, cette dynamique traduit une volonté politique aux conséquences potentiellement graves pour la stabilité du pays.
Joseph Kabila a également dénoncé ce qu’il décrit comme un acharnement dirigé contre sa personne et sa famille politique. Il situe le début de ces pressions à l’année 2019, soit bien avant l’émergence de l’AFC/M23, soulignant que cette situation ne serait pas liée aux récents développements sécuritaires dans l’Est du pays.
Dans ce contexte, l’ancien Président revendique son droit d’entrer en contact avec l’ensemble des Congolais, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Il affirme inscrire cette démarche dans une logique de cohésion nationale et de recherche de la paix, qu’il considère comme une mission personnelle.
Par ailleurs, Joseph Kabila indique ne pas se projeter dans des perspectives futures, mais plutôt dans l’urgence du présent. Il réitère ses propos tenus en mai dernier, appelant à mettre fin à ce qu’il qualifie de « dictature » et de « tyrannie » installées en RDC.
Pour atteindre cet objectif, il plaide pour une mobilisation générale des Congolais, qu’ils soient en exil ou sur le territoire national. Selon lui, cette mobilisation doit être portée par une prise de conscience collective et un engagement citoyen accru face à la situation politique actuelle.
Enfin, l’ancien Président évoque l’article 64 de la Constitution congolaise, rappelant qu’il confère à chaque citoyen le devoir de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation de la loi fondamentale. Un appel qu’il inscrit dans une logique de résistance constitutionnelle face à ce qu’il considère comme des dérives du régime en place.