Par Patrick Kitoko
La crise éclate au grand jour au sein du regroupement politique AFDC-A -Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés- . Ce mercredi 25 mars 2026, Modeste Bahati Lukwebo est officiellement désavoué puis destitué de ses fonctions d’autorité morale par les instances de son propre parti, à l’issue de vives tensions internes.
La décision est annoncée lors d’une conférence de presse tenue à Kin Plaza Arjaan by Rotana. Face aux médias, les cadres du parti affirment agir pour « préserver l’unité et la crédibilité » de la formation politique, tout en dénonçant une série de dérives dans la gestion du parti.
À l’origine du désaveu, plusieurs griefs sont avancés. La direction reproche notamment à Modeste Bahati Lukwebo une récente prise de parole publique effectuée sans consultation préalable des membres cofondateurs, perçue comme une violation des principes internes de fonctionnement. À cela s’ajoutent des accusations récurrentes de gestion opaque, un manque de concertation avec les structures du parti, ainsi qu’une gouvernance jugée de plus en plus personnalisée, voire familiale.
Ces tensions, latentes depuis plusieurs mois, atteignent ainsi leur paroxysme. Plusieurs cadres dénoncent également une marginalisation progressive des instances décisionnelles, alimentant un climat de méfiance et de fracture au sein de l’AFDC-A.
Dans la foulée, Otto Bahizi est désigné coordonnateur chargé d’assurer la gestion de la transition. Il a pour mission de stabiliser le parti et d’organiser un congrès qui devra trancher sur l’avenir de la formation et entériner d’éventuelles réformes structurelles.
Cette séquence marque un tournant décisif pour l’AFDC-A. Au-delà de la crise interne, elle pourrait également avoir des répercussions sur les équilibres politiques au sein de la majorité au pouvoir en République Démocratique du Congo, dans un contexte où les alliances restent particulièrement sensibles.