Breaking News

RDC : la LUCHA s’oppose à toute révision de la constitution et met en garde le Président Tshisekedi contre un troisième mandat

Catégorie
Image
Photo d'illustration
Photo d'illustration

Par Denise Kyalwahi 

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a exprimé, ce vendredi 8 mai 2026, sa vive indignation après les récentes déclarations du Président Félix Tshisekedi concernant une éventuelle révision de la Constitution et la perspective d’un troisième mandat présidentiel.

Dans un communiqué publié à Kinshasa, la LUCHA estime que les propos du chef de l’État constituent « un danger pour la paix, la démocratie et le vivre-ensemble » en République démocratique du Congo. Le mouvement accuse le Président de privilégier son avenir politique alors qu’une partie de l’Est du pays reste confrontée à l’insécurité et à l’occupation de certains territoires par le M23-AFC soutenu par le Rwanda.

Selon la LUCHA, les démarches entreprises autour d’un éventuel référendum constitutionnel seraient anticonstitutionnelles. Le mouvement citoyen affirme que le projet de loi sur le référendum viserait à contourner l’article 220 de la Constitution congolaise, lequel interdit notamment toute modification liée au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

« Vouloir élargir le champ du référendum par une loi est un affront à la hiérarchie des normes », soutient la LUCHA, qui considère cette disposition comme une garantie essentielle contre toute tentative de confiscation du pouvoir.

Le mouvement dénonce également ce qu’il qualifie « d’incohérence » dans le discours du Président Tshisekedi. D’un côté, le chef de l’État affirme que l’organisation des élections générales serait difficile sans les territoires occupés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. De l’autre, il envisagerait l’organisation d’un référendum constitutionnel sans la participation de ces mêmes zones.

La LUCHA rappelle que Félix Tshisekedi s’était auparavant opposé à toute modification constitutionnelle sous le régime de son prédécesseur Joseph Kabila. Le mouvement estime aujourd’hui que le Président risque de violer le serment de protéger la Constitution « acquise au prix d’énormes sacrifices humains ».

Face à cette situation, la LUCHA affirme qu’il est « hors de question » que le pouvoir tire profit de la guerre dans l’Est du pays pour prolonger son maintien au pouvoir. Le mouvement appelle plutôt à des résultats concrets pour mettre fin à l’agression rwandaise et restaurer durablement la paix.

La LUCHA formule plusieurs exigences, notamment pour une solution durable qui s'avère très urgente pour les peuples congolais vivant à l'Est :

  • une solution urgente et durable à la guerre dans l’Est de la RDC ;
  • le respect strict de la Constitution et de la limitation des mandats ;
  • l’organisation des élections générales dans les délais constitutionnels ;
  • une assistance urgente aux déplacés et réfugiés congolais ;
  • la transparence sur tout accord migratoire impliquant la RDC ;
  • l’ouverture d’un dialogue national sincère centré sur les aspirations du peuple congolais.

Le mouvement citoyen réaffirme, enfin, son engagement à défendre, « de manière pacifique », la démocratie et la souveraineté nationale aux côtés d’autres forces vives du pays face à toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles jugées verrouillées.

Étiquettes
Vendredi 8 mai 2026 - 12:25