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RDC : le mouvement citoyen Filimbi accuse Félix Tshisekedi de préparer un glissement électoral et rejette fermement toute idée de troisième mandat

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Le Président Félix Tshisekedi [photo d'illustration]
Le Président Félix Tshisekedi [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

Le mouvement citoyen Filimbi a exprimé, dans une déclaration rendue publique, à Kinshasa, sa vive opposition aux récentes déclarations du Président Félix Tshisekedi lors de son point de presse du 6 mai 2026. Dans ce communiqué, cette structure citoyenne affirme percevoir, à travers les propos du chef de l’État, une volonté de préparer l’opinion nationale à un éventuel glissement électoral ainsi qu’à une remise en cause des principes fondamentaux de la Constitution congolaise.

Filimbi rejette particulièrement toute perspective liée à un troisième mandat présidentiel. Dans sa déclaration, le mouvement rappelle que la Constitution de la République démocratique du Congo limite le mandat présidentiel à deux mandats. Filimbi insiste sur le caractère non négociable de cette disposition qu’il considère comme un acquis démocratique majeur obtenu à la suite des luttes menées contre la présidence à vie et la confiscation du pouvoir. 

Pour le mouvement citoyen, cette limitation constitue un verrou essentiel destiné à préserver l’alternance démocratique dans le pays. Le communiqué réagit également à une phrase prononcée par le Président Félix Tshisekedi selon laquelle il accepterait un troisième mandat « si le peuple le souhaite ». Filimbi estime que cette déclaration ne traduit pas une ouverture démocratique, mais plutôt une tentative de préparer une révision constitutionnelle jugée dangereuse.

Le mouvement dit rejeter catégoriquement toute modification opportuniste de la Constitution, toute manipulation référendaire ainsi que toute stratégie visant à prolonger illégalement le maintien au pouvoir.

Dans son argumentaire, Filimbi souligne par ailleurs, ce qu’il qualifie de contradiction politique de la part du chef de l’État. Le mouvement rappelle que Félix Tshisekedi s’était opposé fermement, sous le régime de son prédécesseur Joseph Kabila, à toute idée de révision constitutionnelle ou de référendum. À l’époque, rappelle le communiqué, l’actuel Président dénonçait ce qu’il appelait un « coup d’État constitutionnel » et défendait strictement le principe de limitation des mandats. Filimbi estime qu’aujourd’hui, les positions du chef de l’État semblent aller à l’encontre de ses anciennes prises de position.

Le mouvement citoyen revient également sur les déclarations du Président liées à la situation sécuritaire et aux tensions avec le Rwanda durant la campagne électorale de 2023. Filimbi évoque notamment les propos du chef de l’État sur une éventuelle « riposte foudroyante » à la moindre attaque. Selon le communiqué, les explications avancées aujourd’hui par le Président, affirmant avoir été induit en erreur par des rapports biaisés, suscitent de nombreuses inquiétudes. Le mouvement estime qu’un dirigeant ne peut engager le pays sur des déclarations aussi graves avant de reconnaître ensuite avoir été mal informé.

Dans un autre volet de sa déclaration, Filimbi critique ce qu’il considère comme une incohérence du pouvoir concernant les processus démocratiques. Le mouvement indique que le Président affirme qu’il serait impossible d’organiser des élections dans certaines villes de l’Est du pays, notamment Goma et Bukavu, à cause de la guerre, tout en laissant entendre qu’un référendum constitutionnel pourrait néanmoins être organisé. Pour Filimbi, cette situation démontre que les blocages évoqués seraient davantage politiques que sécuritaires.

Enfin, le mouvement citoyen a lancé un appel à la mobilisation adressé à la jeunesse congolaise, aux mouvements citoyens, aux forces démocratiques, aux organisations de la société civile, aux confessions religieuses ainsi qu’à tous les citoyens attachés à l’État de droit. Filimbi invite ces différentes composantes à rester vigilantes face à toute tentative de confiscation du pouvoir. Le mouvement estime que la République démocratique du Congo ne doit pas replonger dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir.

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Vendredi 8 mai 2026 - 13:15