Par Grevisse Tekilazaya
Le Prix Nobel Denis Mukwege met en garde le pouvoir en place contre toute tentative visant à permettre un troisième mandat présidentiel à l’actuel chef de l’État Félix Tshisekedi. Dans un communiqué publié ce lundi 18 mai, Denis Mukwege estime que « les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger ».
Il appelle au respect de l’alternance démocratique, rejette toute modification de la Constitution en période de guerre et exhorte les Congolais à se concentrer sur les priorités sécuritaires, notamment la restauration de la paix dans l’Est du pays.
Face à l’urgence de la situation, le gynécologue congolais appelle à un sursaut citoyen pour que la base se réapproprie la Constitution qui énumère nos droits et libertés fondamentaux et organise le fonctionnement de nos institutions. Celle-ci énonce, dit-il, à juste titre dans son préambule que « l’impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme, par leurs multiples vicissitudes, sont à l’origine de l’inversion générale des valeurs et de la ruine du pays ».
Pour Denis Mukwege, ce constat reste d’actualité. « Nous joignons notre voix aux compatriotes proclamant que la Nation ne doit se concentrer que sur les priorités existentielles du pays : mettre fin à la guerre dans l’Est et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. »
L’ancien candidat à la présidence de la République lance un appel aux forces vives du pays pour ne pas sacrifier la République et œuvrer sans relâche à une voie de sortie de crise juste et durable, et ne pas accorder aux forces d’agression et de déstabilisation l’opportunité d’avancer vers la désintégration du pays. Il exhorte le régime en place à ne pas plonger la Nation dans le débat explosif sur la modification du contrat social, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
« Les Congolais et les Congolaises doivent rejeter toute tentative de dérive autoritaire, ne pas céder aux velléités expansionnistes et éviter toute division pour rester unis face à l’urgence de résoudre les défis existentiels auxquels la Nation doit répondre de concert. »
Enfin, Denis Mukwege réaffirme sa volonté de bâtir, au cœur de l’Afrique, un État de droit et une nation puissante et prospère, fondée sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle, et dit avec d’autres : « Touche pas à ma Constitution ! »