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RDC : Moïse Katumbi s’oppose à toute révision de la Constitution et appelle Félix Tshisekedi à privilégier le dialogue

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Le Président Félix Tshisekedi et l'opposant Moïse Katumbi [photo d'illustration]
Le Président Félix Tshisekedi et l'opposant Moïse Katumbi [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

L’opposant congolais Moïse Katumbi est revenu sur plusieurs sujets majeurs de l’actualité politique en République démocratique du Congo, notamment le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution, les mobilisations de l’opposition, le dialogue national, les relations avec les États-Unis ainsi que la condamnation de l’ancien président Joseph Kabila.

Dans un entretien accordé mercredi à la Deutsche Welle (DW), il a également adressé un message direct au président Félix Tshisekedi.

Interrogé sur la loi référendaire actuellement examinée au Parlement, Moïse Katumbi a réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution. Selon lui, la Loi fondamentale constitue une garantie pour l’ensemble du peuple congolais et ne peut être modifiée au gré des circonstances politiques. Il a rappelé que le président Félix Tshisekedi avait prêté serment de respecter cette Constitution devant la nation et devant Dieu. Pour l’opposant, remettre en cause cet engagement risquerait également d’affecter la crédibilité des accords internationaux conclus par la RDC.

Concernant les garanties d’un éventuel débat constitutionnel, le président d’Ensemble pour la République estime que la population s’est déjà exprimée à travers les opérations « ville morte » organisées récemment. Il affirme que plus de vingt millions de personnes ont choisi de rester chez elles pour marquer leur désaccord. À ses yeux, ce signal devrait amener le chef de l’État à reconsidérer sa position. L’ancien gouverneur du Katanga estime qu’il est encore temps pour le président de revenir à la raison avant que la situation ne se complique davantage.

S’agissant des actions de mobilisation engagées par l’opposition, Moïse Katumbi considère que les Congolais ont pleinement conscience que les difficultés du pays ne découlent pas de la Constitution mais plutôt de problèmes de gouvernance. Il évoque notamment l’insécurité, le manque d’eau potable ainsi que les difficultés économiques auxquelles fait face la population. Selon lui, la priorité devrait être de répondre à ces préoccupations plutôt que d’engager un processus de révision constitutionnelle.

L’opposant prévient par ailleurs que l’opposition poursuivra ses actions si la majorité au pouvoir tente de modifier la Constitution. Il annonce la poursuite et l’intensification des manifestations. Dans ses déclarations, il appelle le président Félix Tshisekedi à éviter toute violence contre les manifestants et à ne pas suivre ce qu’il qualifie de mauvais conseillers. Il estime que les conséquences d’une gestion violente des contestations pourraient peser durablement sur l’avenir politique du pays.

Moïse Katumbi a également insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif entre les acteurs politiques congolais. Il a rappelé l’expérience du dialogue intercongolais de Sun City, en Afrique du Sud, qu’il considère comme un moment déterminant dans le retour de la paix en RDC. Selon lui, un véritable dialogue doit réunir non seulement les alliés politiques mais aussi les adversaires. Il affirme que l’objectif principal d’un tel processus devrait être de mettre fin aux conflits armés qui persistent dans certaines régions du pays.

Abordant la question du partenariat entre la RDC et les États-Unis dans le secteur des minerais stratégiques, Moïse Katumbi a salué une initiative qu’il juge bénéfique pour la population congolaise. Toutefois, il estime que la stabilité institutionnelle demeure une condition essentielle pour rassurer les investisseurs. Selon lui, toute modification de la Constitution pourrait créer un climat d’incertitude susceptible de décourager les investissements étrangers et de fragiliser davantage le pays.

Enfin, l’opposant a réagi à la condamnation de l’ancien président Joseph Kabila. Il considère qu’une condamnation à mort visant un ancien chef de l’État constitue un mauvais signal. Interrogé sur le déplacement de Joseph Kabila à Goma, il a rappelé que cette ville fait partie intégrante de la République démocratique du Congo. Moïse Katumbi a plaidé pour une approche pacifique et a appelé le président Félix Tshisekedi à rechercher une solution concertée avec son prédécesseur afin de préserver la cohésion nationale et la stabilité du pays.

Mercredi 10 juin 2026 - 21:49