Polémique autour de Joseph Kabila : Yvan Simweray accuse Néhémie Mwilanya de vouloir absoudre l'ancien président de ses responsabilités historiques

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Yvan Kubuya Simweray, acteur Politique [photo d'illustration]
Yvan Kubuya Simweray, acteur Politique [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Le débat autour du bilan de l'ancien président Joseph Kabila continue de susciter des prises de position contrastées sur la scène politique congolaise. Au lendemain des déclarations de son ancien directeur de cabinet Néhémie Mwilanya, qui estimait notamment que Joseph Kabila avait commis l'erreur de croire que ses réformes avaient transformé les mentalités des Congolais, en réponse, l'acteur politique Yvan Kubuya Simweray rejette cette analyse et conteste vigoureusement la lecture de l'histoire récente de la République démocratique du Congo défendue par l'ancien directeur de cabinet.

Dans sa déclaration adressé directement à Néhémie Mwilanya, samedi 1er août, Yvan Kubuya Simweray estime qu'il est inacceptable de présenter Joseph Kabila comme un artisan de la reconstruction nationale sans rappeler, selon lui, les responsabilités historiques qu'il attribue à l'ancien chef de l'État. Il affirme qu'« il ne faut pas décerner un brevet de sapeur-pompier à un véritable pyromane », une formule destinée à illustrer sa critique du récit défendu par l'ancien directeur de cabinet.

L'acteur politique revient également sur une précédente déclaration qu'il attribue à Néhémie Mwilanya, selon laquelle « le Congo n'existait pas avant Kabila, il était en ruine ». Pour Yvan Kubuya Simweray, cette affirmation relève davantage de la propagande politique que d'une lecture fidèle des faits historiques. Il invite ainsi son interlocuteur à confronter ses analyses aux événements ayant marqué l'histoire du pays avant et après l'arrivée de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) au pouvoir en 1997.

Développant son argumentation, Yvan Kubuya Simweray rappelle que Joseph Kabila faisait déjà partie, selon lui, des principaux acteurs de l'AFDL aux côtés de son père, Laurent-Désiré Kabila, avant son accession à la présidence en 2001. Il soutient que le Zaïre d'avant 1997, malgré une grave crise économique et démocratique, demeurait un État unifié, disposant d'une administration, d'une armée nationale et d'une intégrité territoriale qui, selon lui, n'était pas remise en cause par la multiplicité des rébellions observées par la suite.

Selon cette réaction, les conflits armés ayant conduit à la fragmentation du pays et à l'installation durable de l'insécurité dans l'est de la République démocratique du Congo se seraient développés après l'arrivée de l'AFDL au pouvoir. Yvan Kubuya Simweray considère que les accords de Sun City et le processus de réunification nationale avaient principalement pour objectif de réparer les conséquences d'une crise née durant cette période, rejetant ainsi l'idée selon laquelle Joseph Kabila devrait être présenté comme le principal artisan de l'unité nationale.

L'auteur de la réplique critique également les politiques de brassage et de mixage mises en œuvre sous la présidence de Joseph Kabila. Selon lui, ces choix auraient contribué à l'affaiblissement de l'État congolais et facilité la persistance de l'insécurité. Il évoque aussi la position actuelle de l'ancien président sur la situation sécuritaire dans l'est du pays, estimant qu'elle ne permet pas, à ses yeux, de lui attribuer le mérite d'avoir restauré durablement l'unité de la République démocratique du Congo.

Enfin, Yvan Kubuya Simweray appelle les Congolais à préserver la mémoire nationale en évitant, selon lui, toute lecture sélective de l'histoire. Il soutient que les responsabilités politiques doivent être examinées dans leur ensemble et réaffirme son opposition à toute tentative de présenter Joseph Kabila comme celui qui aurait réparé une crise dont il estime qu'il fut lui-même l'un des acteurs.

Cette réaction illustre la poursuite du débat politique autour de l'héritage de Joseph Kabila et de l'interprétation des événements ayant marqué la République démocratique du Congo depuis la prise du pouvoir par l'AFDL. Elle intervient dans un contexte où les questions liées à la gouvernance passée, aux conflits armés et à la mémoire nationale continuent d'alimenter les échanges entre responsables politiques et acteurs de la vie publique.

Dimanche 2 août 2026 - 01:30