Par Patrick Kitoko
L’organisation africaine Dignité Humaine a exprimé sa profonde préoccupation après les incidents survenus lors de la dispersion de la manifestation organisée par l’opposition politique et des mouvements de la société civile en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa, l’organisation de défense des droits humains condamne fermement les violences qui ont marqué cette mobilisation dans plusieurs communes de la capitale ainsi que dans d’autres villes du pays. Selon les informations recueillies par ses observateurs et corroborées par plusieurs sources, les forces de l’ordre sont intervenues de manière « excessive » et « disproportionnée » pour disperser les manifestants, malgré la notification préalable de l’organisation.
Dignité Humaine rapporte également des témoignages faisant état de l’implication de certains éléments de la Police nationale congolaise ainsi que de membres de la « Force du Progrès », un groupe affilié au parti au pouvoir, l’UDPS - Union pour la démocratie et le progrès social -. Ces derniers seraient impliqués dans plusieurs actes d’abus, d’intimidation et de violences contre des manifestants.
Le bilan provisoire avancé par l’organisation fait état de quatre morts, de 32 blessés graves et de 304 blessés légers. Plusieurs cas d’arrestations ainsi que des actes de vandalisme visant notamment certains sièges de partis politiques ont également été signalés.
Face à cette situation, Dignité Humaine rappelle que la liberté de manifestation pacifique constitue un droit fondamental garanti par l’article 26 de la Constitution congolaise ainsi que par plusieurs instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
L’organisation souligne que toute restriction à ce droit doit respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité. L’ONG appelle les autorités congolaises à assurer immédiatement la protection des citoyens dans l’exercice de leurs libertés fondamentales, à mettre fin à tout usage excessif de la force et à garantir un encadrement professionnel des opérations de maintien de l’ordre, conformément aux standards internationaux.
Elle demande également l’ouverture d’enquêtes indépendantes, transparentes et crédibles afin de faire toute la lumière sur les incidents signalés, notamment les décès, les blessures graves et les allégations d’abus impliquant des agents de l’État ou des acteurs politiques.
Enfin, Dignité Humaine réaffirme son engagement à documenter et dénoncer toute violation des droits humains sur l’ensemble du territoire national, dans un esprit de neutralité, d’impartialité et de défense de la dignité humaine.