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RDC : la société civile du Nord-Kivu accuse le Kenya de favoriser la déstabilisation de l'est du pays et appelle à la suspension des relations diplomatiques

lun 19/10/2026 - 13:12
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William Ruto, président du Kenya [photo d'illustration]
William Ruto, président du Kenya [photo d'illustration]

Par la Rédaction

La coordination provinciale de la société civile Forces Vives du Nord-Kivu dénonce le rôle du Kenya dans la déstabilisation de l'est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration lue par Fiston Misona, représentant de la société civile de Walikale, cette structure exprime son indignation face aux conclaves organisés par des groupes conduits par l'ancien président congolais Joseph Kabila et ses alliés, avec, selon elle, la facilitation du régime du président kenyan William Ruto.

Dans cette déclaration, la société civile du Nord-Kivu accuse les autorités kenyanes d'offrir un espace de coordination à des acteurs qu'elle considère comme hostiles à la paix et à l'intégrité territoriale de la RDC. Elle estime que cette attitude contribue à fragiliser davantage la situation sécuritaire dans l'est du pays, où les populations continuent de subir les conséquences des violences armées. Cette structure déplore notamment ce qu'elle présente comme un mépris de la souffrance des Congolais confrontés à cette crise.

La coordination provinciale affirme également que les rencontres en question auraient débouché sur l'annonce de la création d'une nouvelle branche armée parallèle à celle qu'elle désigne sous le sigle « AFC/M23 ». Selon elle, cette initiative viserait à tromper l'opinion publique, à contourner les mécanismes diplomatiques en cours et à entraver la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle dénonce, dans le même temps, la poursuite des recrutements forcés sur le terrain, qu'elle présente comme un facteur aggravant de l'insécurité.

La société civile du Nord-Kivu reproche par ailleurs aux participants à ces conclaves de n'avoir exprimé aucune compassion envers les victimes des massacres et des crimes de guerre commis dans la région au cours des trois dernières décennies. Elle déplore également, dans sa déclaration, l'absence d'une condamnation claire de ce qu'elle qualifie d'occupation armée du territoire congolais par le Rwanda. Ces accusations sont formulées par la coordination dans le cadre de sa dénonciation des initiatives politiques et militaires qu'elle juge préjudiciables à la souveraineté nationale.

La déclaration met également en cause la participation de Bienvenu Matumo à ces rencontres. La coordination affirme que celui-ci, présenté comme représentant de la société civile, ne dispose d'aucun mandat pour engager cette composante, puisqu'il ne serait membre d'aucune de ses structures. Elle considère donc sa participation comme une usurpation de qualité et rejette catégoriquement toute prétention à représenter la société civile du Nord-Kivu dans ce cadre.

Face à cette situation, la coordination provinciale appelle la population congolaise à se désolidariser des mouvements concernés. Elle estime que les agendas des acteurs impliqués dans ces initiatives serviraient les intérêts d'ennemis de la République démocratique du Congo. Elle exhorte également les autorités congolaises et les services de sécurité à renforcer leur vigilance et à surveiller de près ce qu'elle décrit comme de nouvelles manœuvres d'infiltration insurrectionnelle.

Au-delà de ces appels, la société civile Forces Vives du Nord-Kivu recommande au gouvernement congolais de suspendre sans délai les relations diplomatiques avec le Kenya. Elle justifie cette demande par la nécessité d'évaluer objectivement ce qu'elle considère comme une posture hostile de Nairobi envers Kinshasa, avant toute éventuelle normalisation des relations entre les deux pays. Cette recommandation constitue l'une des principales exigences formulées dans la déclaration lue par Fiston Misona.

Enfin, la coordination provinciale de la société civile Forces Vives du Nord-Kivu réaffirme son engagement à défendre la souveraineté nationale et la dignité du peuple congolais. Elle assure rester mobilisée aux côtés de la population face à la crise sécuritaire qui affecte l'est de la RDC.

Lundi 19 octobre 2026 - 13:12