Par la Rédaction
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre temporairement Fils Mukoko de toute intervention dans les médias pendant une période de 80 jours. Cette mesure a été prise ce mercredi 21 octobre 2026, à l'issue d'une réunion extraordinaire de son Bureau, à la suite de la diffusion d'une vidéo dans laquelle le directeur général adjoint de la Régie d'assainissement de Kinshasa (RASKIN) tient des propos jugés menaçants à l'égard des ressortissants occidentaux présents dans la capitale congolaise.
À travers cette décision, le régulateur des médias entend réagir à des déclarations qu'il estime contraires aux lois de la République démocratique du Congo ainsi qu'aux principes fondamentaux défendus par le pays. L'intervention de Fils Mukoko, également cadre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-Tshisekedi), a ainsi conduit le CSAC à prendre une mesure d'interdiction temporaire de ses activités médiatiques.
Au-delà de cette suspension, le CSAC a également demandé à l'intéressé de se présenter dans les meilleurs délais devant ses services. Cette démarche vise à lui permettre de répondre aux préoccupations soulevées par ses déclarations, alors que les propos tenus dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux suscitent une réaction de la part de l'organe chargé de réguler le secteur audiovisuel et de la communication en RDC.
Dans cette séquence largement relayée sur les plateformes numériques, Fils Mukoko évoque notamment la distribution d'armes dans plusieurs lieux publics de Kinshasa. Il cite, entre autres, les terrains de football, les églises et les universités, sans que les éléments fournis ne permettent de confirmer la mise en œuvre effective d'une telle initiative.
Fils Mukoko tient également des propos laissant entendre que les ressortissants des pays occidentaux présents dans la capitale congolaise pourraient rencontrer d'importantes difficultés pour quitter la ville. Ces déclarations, qui constituent l'un des éléments à l'origine de la réaction du CSAC, ont été considérées par le régulateur comme incompatibles avec les lois de la République et les principes qu'il entend faire respecter.
Dans la même intervention, le directeur général adjoint de la RASKIN annonce la préparation d'un sit-in devant l'ambassade de Belgique à Kinshasa. Il présente cette initiative comme une mobilisation de la jeunesse, sans que les informations disponibles précisent la date prévue pour cette manifestation ni les circonstances exactes de son éventuelle organisation.
Cette situation a suscité des remous au sein de l'opinion publique, dans un contexte où la République démocratique du Congo fait face à une guerre dans sa partie orientale et à des tensions sécuritaires persistantes. Dans un tel climat, les déclarations publiques évoquant la distribution d'armes et les menaces visant des ressortissants étrangers sont susceptibles d'alimenter les inquiétudes et d'accentuer les tensions.
Au-delà de la sanction prononcée par le CSAC, cette affaire soulève la question de la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole, particulièrement lorsque leurs propos touchent à la sécurité des personnes et aux relations avec les partenaires étrangers. Elle remet également en évidence l'importance de la prudence dans le discours public, afin d'éviter que des déclarations controversées ne contribuent à fragiliser davantage un climat déjà marqué par l'insécurité.