Par Gloire Balolage
L'ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon a défendu la position de la Coalition Article 64 (C64) face aux interrogations suscitées par les récentes annonces de l'ancien président Joseph Kabila. Alors que l'opposition républicaine réclame un dialogue national pour sortir la République démocratique du Congo de ses crises politiques et sécuritaires, il insiste sur le respect de la Constitution et dénonce certaines décisions des autorités qu'il juge incompatibles avec la recherche de l'apaisement.
Dans une interview accordée, ce vendredi 23 octobre 2026, à nos confrères de Radio France Internationale (RFI), Matata Ponyo a rejeté l'idée selon laquelle la C64 serait embarrassée par la position de Joseph Kabila. Il a, plutôt, annoncé une rencontre des principaux responsables de cette plateforme à Rome, en Italie, au début de la semaine prochaine, afin d'examiner les questions qui préoccupent ses membres.
« Nous ne sommes nullement embarrassés », a-t-il déclaré, précisant que les cinq principaux leaders de la coalition devaient se réunir physiquement.
Face aux interrogations sur le silence de la C64 après les annonces de l'ancien chef de l'État, l'opposant a expliqué que le fonctionnement d'une coalition exige le respect de certaines règles. Il a également rappelé que la défense de l'ordre constitutionnel demeure au cœur de leur démarche.
« La position de la C64 est celle de défendre le respect de la Constitution », a-t-il affirmé, estimant que le débat devrait davantage porter sur la gouvernance politique, le déroulement des dernières élections et la situation de l'État de droit en RDC.
Revenant sur les objectifs de la coalition créée en mai dernier, avec quatre autres partenaires politiques, Matata Ponyo a présenté le respect de la Constitution comme son principe fondamental. Il a notamment évoqué ce qu'il considère comme une volonté du pouvoir actuel de modifier la loi fondamentale. L'ancien Premier ministre a également dénoncé ce qu'il qualifie de « justice à triple vitesse », en faisant référence à sa propre situation judiciaire, et appelé à une réflexion sur les fondements de la gouvernance du pays.
Sur la participation éventuelle de Joseph Kabila au dialogue national, Matata Ponyo a maintenu son soutien à une démarche inclusive. Selon lui, toutes les parties prenantes doivent être associées aux discussions afin de rechercher une solution durable aux crises politiques et sécuritaires.
« Nous devons avoir un dialogue global et inclusif qui intégrerait tout le monde », a-t-il soutenu, évoquant le rôle des Églises catholique et protestante dans la médiation ainsi que les positions de plusieurs dirigeants africains, dont le président angolais João Lourenço.
L'ancien chef du gouvernement a également désapprouvé la décision du ministère de l'Intérieur interdisant les activités politiques de plusieurs partis, dont le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), qu'il a créé, et le PPRD associé à Joseph Kabila. Il a indiqué que des démarches avaient été entreprises auprès du ministre de la Justice pour contester ces mesures.
« On veut un dialogue pour apaiser la situation. On ne peut pas, au même moment, prendre des décisions qui énervent la situation », a-t-il déclaré, appelant ainsi à des mesures favorables à la détente politique.
Interrogé sur la possibilité de vivre en exil pendant plusieurs années, Matata Ponyo a justifié son maintien à l'étranger par des préoccupations sécuritaires. Il estime que son retour au pays pourrait mettre sa vie en danger.
« Si j'étais resté au pays, certainement que je ne serais plus en vie aujourd'hui », a-t-il affirmé, ajoutant vouloir préserver sa vie afin de pouvoir contribuer, à l'avenir, à la prospérité de la RDC et au bien-être de sa population.