Par la Rédaction
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a salué les nouvelles sanctions américaines visant le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, une institution financière liée aux services de sécurité rwandais. Dans un communiqué publié par le ministère de la Communication et Médias, les autorités congolaises estiment que ces mesures ciblent des acteurs impliqués dans l’agression menée contre la RDC par les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs supplétifs du M23.
Kinshasa a également exprimé sa reconnaissance envers les États-Unis et le président Donald Trump pour leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs. Cette réaction fait suite à la décision du Département du Trésor américain de sanctionner les deux entités pour leur rôle présumé dans le soutien aux opérations militaires du M23 sur le territoire congolais.
Selon les éléments communiqués par le Trésor américain et repris par le Gouvernement congolais, le ministère rwandais de la Défense aurait dirigé le déploiement de plusieurs milliers de soldats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Ces troupes auraient participé à des opérations aux côtés du M23 et contribué à son approvisionnement en équipements militaires.
Le communiqué met également en cause Zigama Credit and Savings Society, accusée d’avoir facilité l’acheminement vers Kigali d’or provenant de territoires congolais sous le contrôle du M23. L’institution aurait également permis des transactions financières de plusieurs dizaines de millions de dollars au profit de l’AFC/M23, selon les informations rapportées dans le document.
Pour Kinshasa, ces éléments concordent avec les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC concernant le soutien apporté au M23 depuis le Rwanda. Le Gouvernement congolais accuse les forces rwandaises et leurs supplétifs de porter atteinte à l’intégrité territoriale du pays, de commettre des meurtres de civils et des violences sexuelles, ainsi que de piller les ressources naturelles.
Au-delà des sanctions, les autorités congolaises appellent les États, les organisations internationales et les partenaires commerciaux à réexaminer leurs relations avec Kigali. Cet appel s’adresse également aux sponsors sportifs et aux investisseurs, que Kinshasa invite à veiller à ce que leurs engagements soient compatibles avec les objectifs de paix dans la région.
Le Gouvernement affirme, par ailleurs, poursuivre ses efforts en faveur de la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Il indique que plus de 800 personnes, parmi lesquelles des combattants des FDLR et leurs dépendants, se sont rendues à la MONUSCO depuis janvier 2025, notamment à la suite des actions de sensibilisation et de démobilisation menées par les autorités congolaises.
Enfin, Kinshasa exige le retrait effectif et sans conditions préalables de toutes les troupes rwandaises du territoire congolais. Le Gouvernement rappelle que cette exigence découle, selon lui, de l’Accord de Washington et de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies. Il réaffirme sa détermination à mettre fin à l’agression, à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à contribuer à la stabilité régionale.