Par la Rédaction
La République démocratique du Congo renforce les capacités de ses institutions pour mettre en œuvre le processus de désarmement et de rapatriement des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Dans cette perspective, la MONUSCO et l’Égypte accompagnent le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) à travers une formation technique ouverte à Kinshasa, lundi 26 octobre 2026.
Organisée pour une durée d’une semaine par le Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien de la paix et la consolidation de la paix (CCCPA), avec le soutien de la MONUSCO, du gouvernement congolais et de l’Égypte, cette session réunit environ 60 participants. Parmi eux figurent des représentants du P-DDRCS, de la Mission onusienne, des institutions de l’État et du corps diplomatique, notamment du Qatar et du Canada.
Cette initiative, sollicitée par le gouvernement congolais et issue d’une démarche de la Mission permanente de l’Égypte auprès des Nations unies, intervient dans un contexte marqué par les efforts visant à faire avancer le processus de paix et le rapatriement des combattants des FDLR.
À l’ouverture des travaux, l’ambassadeur d’Égypte en RDC, Amr Abdullah, a réaffirmé le soutien de son pays à la paix durable, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC. Son pays, qui copréside le Groupe des amis du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration, entend contribuer au renforcement des compétences des institutions congolaises.
Le diplomate a notamment souligné que la formation vise à faciliter le retour des anciens combattants à la vie civile, à réduire les violences armées et à créer des conditions favorables à une paix durable. Il a également rappelé les relations de longue date entre l’Égypte et la RDC ainsi que la volonté de son pays d’accompagner les efforts congolais.
« La position de l’Égypte est très claire. On est pour une paix durable, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la RDC », a indiqué l’ambassadeur de l’Égypte en RDC, Amr Abdullah.
Pour Hecham Al Mekwad, directeur général désigné du CCCPA, la mise en œuvre du protocole relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des FDLR exige des institutions nationales bien préparées, coordonnées et capables de transformer les engagements politiques en opérations concrètes sur le terrain. Il a expliqué que le programme de formation doit permettre au P-DDRCS de consolider son expertise technique et ses capacités opérationnelles, afin d’assurer une coordination efficace et durable du processus.
« C’est là que nous souhaitons apporter notre contribution aux côtés de nos partenaires congolais et onusiens. Ce programme vise à renforcer les capacités techniques et opérationnelles du P-DDRCS afin qu’il puisse piloter techniquement une mise en œuvre efficace et coordonnée et durable de ce protocole », a-t-il souligné.
De son côté, le chef de la MONUSCO, James Swan, a mis en avant l’expérience acquise par la Mission dans le rapatriement des combattants étrangers présents en RDC. Selon une étude rétrospective récente portant sur 25 années d’opérations dans la région, plus de 32 000 anciens combattants et personnes à leur charge ont été rapatriés.
Pour James Swan, ce bilan illustre les résultats que peuvent produire les approches non militaires dans les efforts de stabilisation de la sous-région.
« Le rapport met en lumière le rapatriement réussi de plus de 32 000 ex-combattants et des personnes à leur charge. Ce bilan représente un succès majeur et témoigne de l’impact concret et durable des approches non militaires pour la stabilisation de la sous-région », a-t-il déclaré.
James Swan a salué la collaboration entre la MONUSCO, le CCCPA et le P-DDRCS, destinée à renforcer les capacités nécessaires à l’accompagnement du processus de paix en cours. Il a également rappelé que l’appui au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement, à la réinstallation et à la réintégration des combattants étrangers et de leurs personnes à charge fait partie du mandat de longue date de la MONUSCO. Pour cette formation, la Mission mobilise ses spécialistes afin de transmettre leur expérience aux acteurs congolais.
« Forte de cette expérience acquise sur le terrain, la MONUSCO mobilise aujourd’hui ses spécialistes du DDR pour contribuer à cette formation, en partenariat avec le P-DDRCS et le CCCPA », a précisé James Swan.
Le coordonnateur du P-DDRCS, Jean de Dieu Ntanga Ntita, a remercié la MONUSCO pour son engagement de plus de 25 ans dans les opérations de désarmement, de démobilisation et de rapatriement, qui ont permis à des milliers de combattants et à leurs personnes à charge de regagner leurs pays d’origine. Il a insisté sur la nécessité de capitaliser cette expérience pour renforcer les capacités nationales.
« Ce n’est pas un bilan que l’on remercie, c’est une mémoire que l’on reçoit, à condition de la recueillir pendant qu’elle est encore là », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de tirer parti de l’expérience accumulée par la Mission.
Jean de Dieu Ntanga Ntita a également rappelé l’appel lancé en 2024 par le président Félix-Antoine Tshisekedi devant l’Assemblée générale des Nations unies, en faveur d’un investissement dans des institutions congolaises capables de conduire les efforts de consolidation de la paix de manière autonome et responsable.
« Appuyer le P-DDRCS, c’est répondre à cet appel, dans sa lettre comme dans son esprit », a-t-il resumé.
Pour le responsable du P-DDRCS, le renforcement de ce programme s’inscrit dans la mise en œuvre de cette orientation présidentielle.
La formation de Kinshasa, prévue jusqu’au vendredi 30 octobre, constitue la première étape de ce programme de renforcement des capacités. Une deuxième phase est annoncée au Caire, en Égypte, en janvier 2027.
L’enjeu reste de doter les institutions congolaises des moyens techniques et opérationnels nécessaires pour conduire le processus de désarmement et de rapatriement des combattants des FDLR, dans le cadre des efforts en faveur de la paix en RDC.