Par Serge Mavungu
La rencontre envisagée entre l’opposition congolaise réunie au sein du C64 et l’ancien président Joseph Kabila pourrait fragiliser la crédibilité de cette plateforme auprès de la population. C’est l’avertissement lancé par un acteur de la société civile, qui appelle les opposants à la prudence dans la conduite de cette démarche.
À l’issue de sa réunion tenue à Rome, le C64 a annoncé son intention de rencontrer le président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que son prédécesseur, Joseph Kabila. Une initiative qui, selon cet acteur de la société civile, comporte plusieurs enjeux politiques, notamment en ce qui concerne l’ordre des rencontres.
Il estime que l’opposition devrait tout mettre en œuvre pour être reçue d’abord par Félix Tshisekedi, avant d’envisager un entretien avec Joseph Kabila. Procéder dans l’ordre inverse risquerait, selon lui, de renforcer les soupçons de collusion entre l’opposition et l’ancien chef de l’État aux yeux de l’opinion publique.
Cet acteur de la société civile considère que Félix Tshisekedi devrait recevoir les membres du C64 et les écouter dans un esprit républicain. Il doute toutefois que le chef de l’État accepte cette rencontre au regard des tensions politiques actuelles.
Le lieu de la rencontre avec Kabila en question
Au-delà de l’ordre des rencontres, il s’interroge sur le lieu où pourrait se tenir un éventuel entretien avec Joseph Kabila. Il pose notamment la question d’un déplacement des membres du C64 à Goma, ville qu’il décrit comme occupée par les troupes rwandaises.
Selon lui, une telle démarche pourrait être interprétée par une partie de la population congolaise comme un acte de trahison. Il estime qu’une rencontre à l’étranger serait préférable, tout en s’interrogeant sur la volonté de l’ancien président d’accepter cette option.
L’acteur de la société civile soulève également une autre interrogation : Joseph Kabila pourrait-il chercher à entraîner l’opposition dans une situation compromettante afin d’affaiblir sa crédibilité ?
Face à ces incertitudes, il conseille au C64 de faire preuve de prudence. Il reconnaît néanmoins que l’action politique implique une part de risque, rappelant que « celui qui ne risque rien n’a rien ».