Par la Rédaction
Le gouvernement congolais prévoit de consacrer 142 milliards de francs congolais, soit environ 61,7 millions de dollars américains, à l'organisation du Dialogue national en 2027. Cette enveloppe, inscrite dans le projet de loi de finances présenté à l'Assemblée nationale le jeudi 29 octobre par la Première ministre Judith Suminwa, intervient alors que les discussions sur le format, la participation des acteurs politiques et les conditions de ces assises restent au cœur des enjeux nationaux.
Baptisé « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État », ce processus a été officiellement annoncé par le président Félix Tshisekedi le 27 août 2026. Le chef de l'État entend en faire un cadre de concertation destiné à examiner les causes profondes des crises sécuritaires, politiques et sociales qui fragilisent le pays. Il a notamment écarté l'idée d'un dialogue limité à un partage des responsabilités politiques, privilégiant une réflexion sur le fonctionnement et la consolidation des institutions.
C'est dans ce contexte que le gouvernement inscrit 142 milliards de francs congolais dans ses prévisions de dépenses pour 2027. Au taux de 2 300 francs congolais pour un dollar américain, cette enveloppe représente environ 61,7 millions de dollars. Elle figure parmi les dépenses spécifiques du projet de loi de finances, aux côtés de 181 milliards de FC pour le recensement et l'identification, de 25 milliards pour la réserve budgétaire et de 110 milliards destinés aux calamités et sinistres.
Présenté en équilibre à 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars, le projet de budget 2027 doit encore être examiné par le Parlement avant son adoption. L'inscription de cette enveloppe ne signifie donc pas encore que les fonds ont été décaissés ni que les assises disposent déjà d'un calendrier définitif.
Les préparatifs ont franchi une première étape institutionnelle le 13 septembre 2026, avec la signature d'une ordonnance présidentielle instituant un comité d'organisation préliminaire. Placée sous l'autorité directe du chef de l'État, cette structure est chargée de préparer les aspects matériels, logistiques, techniques et sécuritaires du dialogue, mais aussi de prendre contact avec les différentes composantes nationales et les partenaires internationaux.
Elle doit notamment préparer la mise en place d'une commission préparatoire et soumettre un rapport au président de la République. Une autre ordonnance doit préciser les principes directeurs, les étapes du processus, les modalités de représentation et les mécanismes de suivi des conclusions.
L'un des principaux points de divergence concerne la participation des acteurs armés. Félix Tshisekedi a clairement indiqué que les personnes ou organisations qui continueraient à combattre l'ordre constitutionnel, à occuper des territoires par la force ou à administrer illégalement des entités de la République ne pourraient pas prendre part au dialogue en qualité de composantes politiques.
Cette position écarte, dans les conditions définies par Kinshasa, le FRN de Joseph Kabila. Le président considère que les discussions avec cette coalition armée doivent se poursuivre dans le cadre du processus de Doha, consacré notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement. Il a toutefois évoqué une possibilité de réintégration individuelle pour les combattants qui renonceraient sincèrement et de manière vérifiable à la lutte armée.
Malgré les préparatifs engagés, plusieurs éléments restent à clarifier : la date effective des assises, la composition définitive de la commission préparatoire, l'identité des facilitateurs, les critères de représentation des différentes composantes et les garanties de mise en œuvre des résolutions. La question de la place des acteurs armés dans la recherche d'une solution globale à la crise de l'Est demeure également controversée.