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Spoliation du temple de l'ECC par Bahati: Ces personnalités de la présidence impliquées [Bahati-gates/ Acte2]

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De gauche à droite, le chargé de mission du chef de l'État Professeur Taylor Lubanga et André Wameso, le Directeur de cabinet adjoint chargé de l'ECOFIN
De gauche à droite, le chargé de mission du chef de l'État Professeur Taylor Lubanga et André Wameso, le Directeur de cabinet adjoint chargé de l'ECOFIN

Par la Rédaction

L'affaire de spoliation du temple de l'Eglise du Christ au Congo (ECC), qu'il convient de baptiser désormais "Bahatigates", a des ramifications jusque dans la présidence de la République. Modeste Bahati, dans cette affaire, c'est le bad boy qui a s'est adjugé, par force et en toute illégalité, la concession de l'ECC, située à quelques encablures du rond-point Moulaert à Kasavubu.

Poussant davantage son enquête sur les Bahatigates, Opinion-info.cd s'est rendu compte de l'implication de certaines personnalités politiques, qui se recrutent essentiellement dans le cabinet du Président de la République, et vous propose une première liste.

 

1. Taylor Lubanga, Chargé de mission du Chef de l'Etat

Chargé de mission du Président de la République, Taylor Lubanga, professeur à l'UPC, n'a pas les mains clean dans la spoliation par Modeste Bahati de la concession de l'ECC à Kasavubu. Dans la pile de documents obtenus par Opinio-info.cd, une lettre pique la curiosité. C'est celle du pasteur Pierre Muloki adressée au professeur Taylor Lubanga en sa qualité de chargé de mission du Président Tshisekedi. L'objet de cette missive: "Annulation de la donation de la Concession de la CSEA (Communauté du Saint-Esprit en Afrique) à la succession feu Mendes Nzimbi". Muloki a également sollicité, via la même correspondance, l'intervention de Lubanga "pour un aboutissement judicieux de ce dossier".

L'objet de cette lettre, écrite le 20 juin 2020, fait fuser des questions. Pourquoi le pasteur en retraite a préféré s'adresser au Chargé de mission du Président de la République de sa décision d'annuler l'acte de cession, sans prendre soin de saisir les autorités de l'Eglise? En vertu de quelle disposition l'a-t-il fait? Rien ne semble l'expliquer. Tout cependant pousse à croire qu'il y a anguille sous roche.

Lettre du retrait de la cession aux enfants Nzimbi écrite à Taylor Lubanga, Chargé de mission du chef de l'État Suite

2. André Wameso, Directeur de cabinet adjoint du Président de la République

Son influence a été pour beaucoup dans l'affaire. Il n'est pas resté indifférent face à la lenteur, sinon à la peau dure, dont a fait preuve le Conservateur des titres immobiliers de Kasavubu pour annuler le certificat d'enregistrement attribué aux Nzimbi, conformément à l'instruction donnée par le ministre des Affaires foncières dans sa lettre du 6 novembre 2020.

Près d'une année après cette correspondance de Molendo Sakombi au Conservateur des titres immobiliers de Kasavubu, ce dernier ne s'est pas exécuté, excitant ainsi l'ire du Président de la République qui, par le biais du Dircaba Wameso, a pris soin d'interpeller le ministre des Affaires foncières.

Wameso, via sa lettre du 25 septembre 2021, qui faisait suite à celle du Représentant légal de la CSEA destinée au Chef de l'Etat, a, au nom de "la Haute hiérarchie", demandé à Molendo de "faire pleine exécution de sa lettre du 6 novembre, qui souffre d'inexécution jusqu'à ce jour, car cela frise l'insubordination de la part du Conservateur des titres immobiliers de Kasavubu qui est tenu à corriger l'erreur de son administration qu'il a, par ailleurs, reconnue dans sa lettre du 26 février 2021".

 

Complicité

Il ressort du rôle joué par André Wameso Nkualoloki, et des bruits des couloirs du Palais de la nation, que le Dircaba a été chargé par le Président de la République de suivre l'évolution du différend qui, à cette époque, opposait l'ECC à la succession Nzimbi. Étonnant que le pasteur Pierre Muloki ait ignoré la personne de Wameso pour s'adresser à Lubanga quand il a résolu de poser un acte aussi significatif que celui d'annuler la cession de la concession de l'ECC aux Nzimbi. Ça semble mal cacher une complicité.

Lettre du Dircaba ECOFIN du chef de l'État, André Wameso Lettre du Dircaba ECOFIN du chef de l'État, André Wameso (Suite)

Le Conservateur de Kasavubu limogé

Les Nzimbi, refusant de lâcher le morceau malgré l'annulation de Muloki, ont fait entrer Modeste Bahati Lukwebo dans le deal. Confiant à sa puissance et influence politiques et à ses accointances avec le Chef de l'Etat, Bahati, gonflé à bloc, a fait le bad boy quitte à s'offrir la concession querellée.

A défaut d'exercer son influence sur le ministre des Affaires foncières, issu des rangs de l'UNC, parti de Vital Kamerhe avec qui Bahati se dispute leadership dans le Sud-Kivu, le Speaker du Sénat a concentré toute son attention sur le Conservateur de Kasavubu.

Sur lui, il a exercé une telle pression qui a fini par payer. Depuis le 3 juin dernier, le leader de l'AFDC est en possession d'un certificat d'enregistrement illégalement établi. Aussitôt alerté, Molendo Sakombi, selon des fins limiers dans son cabinet, a fait révoquer le Conservateur de Kasavubu.

 

Pendant ce temps, l'ECC a prévu d'attaquer Bahati en justice pour spoliation de son bien. Jusqu'au moment où nous couchons ces quelques lignes, l'ECC est en phase de réunir tous les documents nécessaires pour faire enrôler le dossier d'annulation du certificat d'enregistrement établi en faveur de Modeste Bahati. Affaire à suivre.

Jeudi 7 juillet 2022 - 08:55