Par Prehoub Urprus
En seulement une année, plus ou moins huit cents personnes venues des zones occupées par le M23 sont mortes dans différents camps des déplacés en territoire de Nyiragongo en province du Nord-Kivu. Ce chiffre alarmant a été révélé à opinion-info.cd, mardi 31 octobre 2023, par Théo Musekura, président de tous les camps des déplacés localisés à Kanyaruchinya, Bushagara, Mudja, Don Bosco, Kahembe, ... aux alentours de la ville de Goma.
Théo Musekura attribue ce désastre aux mauvaises conditions socio-humanitaires auxquelles sont confrontées les victimes des affres de l'agression rwandaise sur le territoire congolais.
«Nous n'avons aucune aide ni en vivre, moins encore en non vivres. Même si PAM intervient, il ne peut pas aider tout le monde, seulement une minorité est servie. MSF s'efforce à assister avec les médicaments mains il ne parvient pas. Nous n'avons pas de l'eau, certaines ONGs sont venues en urgence mais faute des fonds, elles sont reparties. Il y a eu le choléra, la rougeole et même des accidents ; aujourd'hui j'ai déjà enterré 800 personnes», rapporte le président des déplacés en territoire de Nyiragongo.
Et comme le malheur ne vient pas seul, les affrontements entre les terroristes du M23 et les groupes d'autodéfense près de Kibumba, ont entraîné des nouveaux déplacements massifs des populations.
À en croire notre personne ressource, plus de 1200 ménages ont été à nouveau enregistrés. Pour ce faire Theo Musekura plaide auprès du gouvernement congolais et ses partenaires de l'aide humanitaire avant la restauration de la paix.
«Que le gouvernement congolais et les organisations humanitaires nous assistent en vivres et non vivres, le temps que nous sommes encore ici. Mais, notre plus grand souci c'est la fin de la guerre afin que nous retournons chez nous et reprendre notre vie habituelle» demande-t-il.
Il sied de souligner que les 800 morts répertoriés n'est qu'un bilan qui concerne les déplacés campés dans le territoire de Nyiragongo, alors qu'il y en a d'autres aux alentours de Goma comme à Bulengo par exemple; ainsi que dans les territoires de Masisi et Lubero sans citer ceux qui se sont réfugiés en Ouganda.